Les Tops de la délégation française



Dix médailles d’or, douze médailles d’argent, onze médailles de bronze. En deux semaines de compétition dans le cadre des Jeux d'été de Tokyo, la délégation française a soufflé le chaud et le froid. Elle a fait vivre de grandes joies à leurs supporters, tenus à distance en raison de la situation sanitaire au Japon. Retour sur ces Jeux riches en émotions.

Le « BHV » plus que jamais au rendez-vous


Le collectif a été à l’honneur pour l’équipe de France lors de ces Jeux d'été de Tokyo ! Sur les huit équipes engagées dans les sports collectifs, pas moins de six sont revenues du Japon avec une médaille autour du cou. Avec un dernier week-end de folie, le handball s’est montré dominateur avec tant les Bleus que les Bleues qui ont été sacrés champions olympiques, au prix d’éclatantes revanches sur les revers concédés à Rio respectivement face au Danemark et à la Russie. Un état de grâce qui a également touché les volleyeurs tricolores. Eux qu’on donnait perdus avant leur dernier match de poule face au Brésil, qualifiés in extremis pour les quarts de finale, ont alors tout donné. Dans l’aspiration d’un Earvin Ngapeth superstar et élu MVP du tournoi, les Tricolores ont offert à Laurent Tillie la sortie qu’il méritait. L’or, les coéquipiers de Rudy Gobert et Nicolas Batum l’ont touché du doigt. Rivalisant comme jamais avec les Américains, ils ont eu les cartes en main pour confirmer en finale leur succès du premier match mais l’argent de Tokyo est sans doute une promesse pour Paris. Les Bleues, elles, ont su se relever d’une défaite amère face à des Japonaises survoltées pour mieux savourer une revanche sur la Serbie, qui les avait privées du titre européen. La revanche, l’équipe de France de rugby à 7 n’y a pas goûté. Comme lors de la finale de la Coupe du Monde 2018 à San Francisco, la Nouvelle-Zélande a été hors d’atteinte des coéquipières d’une Fanny Horta qui tire tout de même sa révérence sur une médaille d’argent.

Le judo a répondu présent, l’escrime a surpris son monde


Si les sports collectifs ont ramené six médailles, le judo a fait mieux avec huit breloques et a également joué la carte du collectif. Si Teddy Riner et Romane Dicko ont su faire fi de la déception d’une élimination prématurée pour ramener le bronze en individuel, à l’image d’un inattendu Luka Mkheidze, ils ont aussi été les fers de lance d’une équipe de France conquérante et dominatrice face au Japon dans « son » Nippon Budokan. Si Sarah-Léonie Cysique, Amandine Buchard et Madeleine Malonga n’ont pas été en mesure d’aller au bout de leur rêve, échouant en finale, Clarisse Agbegnenou a tenu à merveille son rôle de porte-drapeau, de capitaine de la délégation française en allant chercher la médaille d’or dont Tina Trstenjak l’avait privée à Rio. Tradition française, l’escrime a également répondu présent et même créé une des plus belles surprise de ces Jeux d'été. Appelé de dernière minute, Romain Cannone a fait parler la fougue de ses 24 ans pour déstabiliser tous ses adversaires et, lui qui avait fait le déplacement à Tokyo comme remplaçant, faire mieux que les titulaires pour se parer d’or. Après la fougue, l’expérience a également parlé avec Erwann Le Péchoux qui, avec l’équipe de France de fleuret, a su triompher pour sa dernière compétition. S’il n’a pas su ramener l’or, l’argent en a eu toute la saveur pour Florent Manaudou. Arbre qui cache la forêt d’une natation française en mal de résultats, celui qui avait tourné le dos aux bassins après Rio a magnifié son retour avec un troisième podium olympique de suite sur le 50m nage libre et avec un appétit plus vorace que jamais à l’approche de Paris 2024.

L’or pour faire exister leur discipline


Matthieu Androdias, Hugo Boucheron, Steven da Costa et Jean Quiquampoix. S’ils pratiquent des sports qui sont diamétralement opposés, ils ont pour point commun d’avoir mis en lumière des disciplines qui ont rarement l’occasion de briller. Cinq ans après Jérémie Azou et Pierre Houin sur le deux de couple poids léger, Matthieu Androdias et Hugo Boucheron ont su saisir leur chance de faire parler d’eux et de l’aviron. Passé à côté du titre olympique au Brésil, Jean Quiquampoix a justifié les sacrifices fait lors des cinq dernières années pour aller chercher cette médaille d’or qui s’était refusée à lui, mais également permettre au tir d’avoir ce quart d’heure de gloire que seuls les Jeux d'été peuvent offrir à des disciplines la plupart du temps maintenues dans l’ombre. Steven da Costa, quant à lui, a saisi une chance qui pourrait ne pas se présenter de nouveau. Ajouté au programme des Jeux d'été comme « sport additionnel », le karaté a été écarté pour Paris 2024. Mais le natif de Mont-Saint-Martin a attiré les projecteurs en devenant le premier champion olympique de l’histoire du karaté français. Charline Picon et Thomas Goyard ne sont pas passés loin de faire de même, et de faire le doublé concernant la véliplanchiste, mais ont tout de même fait briller la voile française, plus souvent reconnue pour ses spécialistes de la course au large. Camille Lecointre et Aloïse Retornaz, avec le bronze, ont également participé à la belle semaine de la voile française.

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