Les Flops de la délégation française

En dix-sept jours de compétition, la délégation française présente à Tokyo a ramené par moins de 33 médailles, dont dix en or. Mais, alors qu’il y a eu certaines satisfactions, il y a également eu de grandes déceptions. Tour d’horizon des disciplines et des têtes d’affiches tricolores qui n’ont pas répondu présent dans la capitale japonaise.

L’athlétisme et le cyclisme, déceptions en série


Aux tripes, Kevin Mayer est allé chercher la médaille d’argent à l’occasion du décathlon… mais cette performance ne suffit pas à cacher le désarroi de l’athlétisme français. De toutes les chances tricolores, le recordman du monde du décathlon a été le seul à répondre présent malgré la douleur. Renaud Lavillenie a manqué de chance avec cette chute à l’échauffement avant de tenter de faire fi de la douleur pour essayer en vain de remporter une troisième médaille olympique consécutive à la perche. Mélina Robert-Michon a craqué lors des qualifications au disque alors qu’Alexandra Tavernier et Quentin Bigot ont tout donné mais ont été dépassé au marteau. Pascal Martinot-Lagarde et Aurel Manga ont fait face à la même difficulté, eux qui ont représenté la France en finale du 110m haies sans parvenir à accrocher une place sur le podium. Une seule médaille, le bilan de l’athlétisme est famélique… comme l’est celui du cyclisme. Si l’équipe de France sur route ne pouvait avoir de l’ambition en raison des nombreuses absences, le VTT est resté bloqué dans l’ornière. Alors qu’on annonçait un doublé français lors de l’épreuve féminine avec Pauline Ferrand-Prévôt et Loana Lecomte, on a finalement eu droit à un triplé suisse. Outsiders chez les hommes, Victor Koretzky et Jordan Sarrou n’ont pas pu rivaliser avec un Tom Pidcock venu de la route pour se couvrir d’or olympique. Autrefois bastion tricolore, le cyclisme sur piste n’est plus que l’ombre de lui-même avec seuls le trio Grengbo-Helal-Vigier lors de la vitesse par équipes et le duo Grondin-Thomas à l’occasion du madison qui ont hissé haut les couleurs tricolores. Et que dire du BMX, avec des Tricolores annoncés grands favoris mais qui se sont pris les pieds dans le tapis.

Boxe et lutte, même combat !


La « Team Solide » était décidément loin… Cinq ans après le triomphe de Rio, la boxe tricolore n’a pas connu la même réussite et c’est un euphémisme. Entre déception et frustration, les protégés de John Dovi n’ont pas pu s’exprimer, quand ce n’est pas un arbitre récalcitrant qui a mis fin à leurs espoirs. Maïva Hamadouche, Sofiane Oumiha, Samuel Kistohurry et Mourad Aliev ont retrouvé ce goût amer que le regretté Alexis Vastine avait expérimenté à Londres, préalable aux succès connus au Brésil. De là à espérer que Paris 2024 verra le renouveau de la boxe amateur tricolore et l’histoire bégayer, il n’y a qu’un pas. Sacrée championne d’Europe trois mois avant de rallier Tokyo, Koumba Larroque avait tout pour confirmer son podium lors des Jeux Olympiques de la jeunesse 2014. Mais son tournoi de lutte a pris fin alors qu’il avait à peine commencé. Un moment d’oubli en toute fin de combat a offert à son adversaire l’ouverture lui permettant d’aller arracher la victoire… avant de priver la Tricolore de repêchage et d’espoir d’arracher une médaille de bronze. Des déceptions que le pentathlon moderne a également partagé avec une équipe de France composée de Marie Oteiza, Elodie Clouvel, Valentin Belaud et Valentin Prades qui n’a pas été en mesure d’aller chercher un podium qui serait venu consacrer leur carrière dédiée à une discipline méconnue.

Le triathlon a fini par réagir


Des titres olympiques, c’est ce qu’on promettait déjà à Vincent Luis ou, dans une moindre mesure, à Cassandre Beaugrand. Mais le double champion du monde n’a pas su s’adapter aux exigeantes conditions de Tokyo, où la chaleur avait rendez-vous avec l’humidité. Alors que Kristian Blummenfelt est allé au bout de sa douleur pour remporter la médaille d’or, le leader de l’équipe de France a échoué à une décevante treizième place. Cassandre Beaugrand, quant à elle, n’a pas eu le cœur d’aller au bout d’une épreuve bien mal engagée pour elle. Heureusement, Léonie Periault est venu adoucir le bilan avec un belle cinquième place mais à bonne distance de Flora Duffy, qui a écrit une page d’histoire de son pays, les Bermudes. Mais, de ces déceptions est également né un sentiment de revanche qui s’est pleinement exprimé lors du relais mixte. Donnant tout, Vincent Luis a su faire monter le triathlon français sur le premier podium de son histoire et gommer tout du moins partiellement la déception qui était la leur en individuel. Si les sports collectifs ont brillé, en omettant la prestation des footballeurs, la déception était tout de même palpable pour une équipe de France de basketball 3x3 arrivé au Japon avec l’étiquette de numéro 1 mondiale mais qui s’est cassé les dents dans le dernier carré. Une autre discipline est passée en quelques jours du rire aux larmes, l’équitation. Alors que Nicolas Touzaint, Karim Laghouag et Christophe Six ont su faire fi de circonstances défavorables pour aller chercher le bronze au concours complet par équipes, Pénélope Leprévost était inconsolable après avoir vu la médaille d’or du saut d’obstacles par équipes lui échapper des mains. Des déceptions qui devront nourrir les ambitions pour Paris 2024.

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