Athlétisme : Soirée de folie à Tokyo !



Sale soirée pour Jimmy Vicaut ! Non seulement le sprinteur français n'est pas parvenu à se qualifier pour la finale olympique du 100m, mais il a en plus perdu son record d'Europe quelques minutes plus tard. Présent dans la première série, où il n'avait que six concurrents suite au faux-départ du vice-champion d'Europe 2018 britannique Reece Prescod, Vicaut (29 ans) a seulement terminé cinquième, en 10"11, et n'a pas été repêché au temps. "Il me manque des courses", a expliqué ensuite le Français, très souvent blessé ces dernières années. Ces demi-finales ont été très rapides, puisque c'est le Chinois Bingtian Su qui a signé le meilleur temps en 9"83, nouveau record d'Asie, à égalité avec l'Américain Ronnie Baker (record personnel) et devant l'Italien né au Texas Marcell Jacobs, qui a réussi 9"84, soit le nouveau record d'Europe, qui appartenait à Jimmy Vicaut et Francis Obikwelu (9"86). La grande surprise est venue de l'élimination de l'Américain Trayvon Bromell, meilleur performeur mondial de l'année, qui a seulement couru en 10"00. Déjà limite en séries, le Floridien n'a pas passé le cut cette fois-ci.

La surprise Jacobs !


On retrouvait donc en finale un Chinois, deux Américains, un Italien, un Sud-Africain, un Britannique, un Canadien et un Nigérian, mais pas de Jamaïcain, alors que c'est la succession d'Usain Bolt, vainqueur en 2008, 2012 et 2016, qui était en jeu. Et cette finale plus ouverte que jamais a débuté par une disqualification, celle du Britannique champion d'Europe 2018 Zharnel Hughes, parti beaucoup trop vite. Un deuxième départ a donc été donné, et c'est Marcell Jacobs, qui a mené quasiment de bout en bout, qui s'est imposé de 9"80, améliorant donc encore son record d'Europe ! Né au Texas d'un père américain qui a rapidement quitté le foyer et d'une mère italienne, l'athlète de 29 ans, qui n'avait jamais remporté de médaille lors de championnats du monde ou d'Europe en plein air, explose au grand jour ce dimanche ! Il a devancé l'Américain Fred Kerley (9"84) médaillé de bronze sur 400m aux Mondiaux 2019, et le Canadien Andre de Grasse (8"89), vice-champion olympique du 200m, qui ont tous les deux battu leur record personnel. L'après Bolt est définitivement lancé !


Soirée de rêve pour l'Italie


Juste après avoir franchi la ligne d'arrivée, Marcell Jacobs a pu sauter dans les bras de son compatriote Gianmarco Tamberi, qui était en train d'effectuer son tour d'honneur après avoir remporté la médaille d'or au saut en hauteur. Mais le champion d'Europe 2016 ne sera pas seul sur la première marche du podium. Le Qatari Mutaz Essa Barshim, double vice-champion olympique en titre, a en effet lui aussi décroché l'or, au terme d'une fin de concours palpitante ! Les deux sauteurs ont effacé une barre à 2,37m et ont échoué trois fois à 2,39m. Ils n'ont pas pu être départagés au nombre d'essais ratés (trois chacun), et le juge-arbitre leur a donc proposé de se départager sur une barre ou de partager la médaille d'or. Ils ont choisi la deuxième option, avant de tomber dans les bras l'un de l'autre. C'est le Biélorusse Maksim Nedasekau, vice-champion d'Europe 2018, auteur de son record national avec une barre à 2,37m également mais cinq essais manqués, qui décroche la médaille de bronze.

Record du monde pour Rojas !


Cette soirée totalement folle a également été marquée par un record du monde, celui du triple saut féminin ! La Vénézuélienne Yulimar Rojas, vice-championne olympique en titre, a explosé de 17 centimètres le record de l'Ukrainienne Inessa Kravets établi en 1995, en réussissant un saut à 15,67m lors de son dernier essai. Elle avait déjà assommé le concours dès son premier essai avec un bond à 15,67m, nouveau record olympique (qui appartenait à Françoise Mbango depuis 2008). Ce concours a été historique, puisque derrière, la Portugaise Patricia Mamona et l'Espagnole Ana Peleteiro terminent sur le podium en battant leur record national, respectivement 15,01m et 14,87m. Très loin de la nouvelle reine de la discipline, qui offre au Venezuela la quatrième médaille olympique de son histoire, la première en athlétisme. La Française Rouguy Diallo (26 ans) a quant à elle terminé neuvième de cette finale, avec un bond à 14,38m.


Tual en demies, pas Bosse ni Vaillant ni Happio


Deux Français étaient en lice en demi-finales du 800m, mais seulement un a réussi à se qualifier pour la grande finale : Gabriel Tual. Le Bordelais de 23 ans a battu son record personnel en 1'44"28 et a terminé troisième de sa course, ce qui lui a permis de se qualifier au temps. Quant au champion du monde 2017 Pierre-Ambroise Bosse, il a fini sixième de sa demie, en 1'48"62, et n'ira donc pas en finale. A noter lors de cette course la chute de Nijel Amos, l'athlète du Botswana, vice-champion olympique 2012, qui ne verra pas la finale non plus. Le meilleur temps est revenu au Kenyan Ferguson Rotich, en 1'44"04, devant l'Australien Peter Bol, qui a battu le record d'Océanie en 1'44"11. Deux Français étaient également en demi-finales du 400m haies, et aucun ne s'est qualifié. Ludvy Vaillant a pourtant réussi son meilleur chrono de la saison, en 49"02, mais il n'a fini que septième de sa demie, alors que Wilfried Happio a terminé septième lui aussi, en 49"49. Bien loin des 47"30 de Karsten Warholm, le recordman du monde, et des 47"31 du Brésilien Alison dos Santos, nouveau recordman d'Amérique du Sud, qui ont signé les deux meilleurs temps.

Les demi-finales du 110m haies se sont également déroulées ce dimanche, et la Portoricaine Jasmine Camacho-Quinn est allée très vite puisqu'elle a battu le record olympique détenu depuis 2012 par Sally Pearson, en 12"26. La Jamaïcaine Britany Anderson, deuxième, a elle aussi battu son record personnel, en 12"40.

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