Océane Sercien-Ugolin : « Ne pas rester sur cet échec »

Panoramic

Océane, plusieurs jours après votre élimination surprise, la déception est-elle atténuée ?

Si on est compétitrice, ça reste en travers de la gorge bien sûr. Je pense vraiment qu’il faut avancer et ne pas rester sur cet échec-là. Par le passé, l’équipe a déjà prouvé qu’elle pouvait faire de belles choses. Je ne vois pas pourquoi elle ne pourrait pas le refaire. C’est cette mentalité-là que j’essaie d’adopter. Tout n’est pas à jeter sur la compétition. 

Justement, quelle analyse faîtes-vous de cette compétition ?

Il y a toujours le socle de base de l’équipe de France, à savoir sa défense. Je viens d'arriver dans ce collectif donc faire une analyse me parait compliqué je voulais souligner avant tout, que ce qui m’a le plus marqué est la force de cette équipe et lorsque l’on exploite toutes les capacités de cette équipe, on a droit de rêver à tout. Toutes les joueuses présentes sont de très bonnes joueuses qui jouent dans de bons clubs et connaissent bien le handball. On a juste manqué la marche cette fois-ci mais il ne faut pas s’alarmer, ça peut arriver. 

Quels ont été les mots du coach après l’élimination ?

Un peu ce que je viens de dire. En gros, on a perdu une bataille, mais pas la guerre. Il y a d’autres échéances qui arrivent avec les JO, le championnat d’Europe… Il faut que l’équipe de France reste compétitive au plus haut niveau et que tout le monde se remet au travail rapidement et ne peut rester sur cet échec. Les prochains rassemblements seront importants.

A titre personnel, comment avez-vous vécu cette première expérience au plus haut niveau ?

J’ai ouvert grand mes yeux, mes oreilles et j’ai essayé d’apprendre le plus possible. J’ai essayé de prendre tout ce qui avait à prendre. J’avais de la pression, ce qui est normal pour ma première compétition internationale. Mais c’était une pression positive que j’ai réussi à utiliser comme un atout. Je me suis dit que si je suis là, c’est que le coach pense que je peux apporter à l’équipe. J’ai juste joué mon jeu et je l’ai bien vécu. 

Quels sont les points sur lesquels travailler lors des prochaines compétitions ?

J’ai noté plein de choses sur lesquelles je peux et je dois travailler pour m’améliorer. Sur les phases offensives je dois être plus efficace par exemple. J’ai eu quelques commandes qui m’ont été faites et que je vais adapter le plus possible à mon jeu. Je dois améliorer mes sorties de balles. Si les grandes joueuses sont compétitives, c’est parce qu’elles travaillent tout le temps. Je pense qu’on n’est jamais arrivé. Sur le plan mental, j’ai dû m’adapter très vite. Ce Mondial a été une formation accélérée pour moi. 

Vous faîtes partie de la nouvelle génération des Bleues. Est-ce une pression supplémentaire ?

Je ne prédis pas l’avenir, mais j’espère faire partie du nouveau visage des Bleues dans les années à venir. Je n’ai pas de pression par rapport aux autres mais par rapport aux exigences que je me mets.  Au Mondial, je me suis mis une pression inhérente à moi-même et pas aux autres. J’ai réalisé beaucoup de travail sur le plan mental pour que ce stress me sert positivement. Je prends ce qu’on me donne. 

Quels sont vos prochains objectifs, club et sélection réunis ?

Je viens de me prendre un an de plus dans les dents il y a quelques jours (rire). En club, on réalise un début de saison cohérent. On gagne sept matchs mais on perd contre les grosses écuries. Nous sommes une équipe en construction mais on a montré qu’on pouvait être performante. Je dois me construire encore. L’actuel coach du Paris 92, et la structure de ce club en général, me permet de me développer dans les meilleures conditions. Je me construis des bases solides. Si je veux un jour jouer dans de plus grands clubs, je dois être plus stable et plus solide encore. Une fois qu’elles le seront, je ne me mettrais pas de limite. C’est vite arriver de faire une bonne saison et puis disparaître.