Les Bleus ne boudent pas leur plaisir

Reuters

"C’est beaucoup d’émotions…" De la bouche d’un Nikola Karabatic, double champion olympique, quatre fois champion du monde et trois fois champion d’Europe, ça en dit long. Dimanche, aux dépens de l’Allemagne, co-organisateur de ce Mondial 2019, les Bleus sont allés au bout d’eux-mêmes pour décrocher la 20e breloque internationale du handball français. Du bronze. "Même si c'est une déception de perdre une deuxième fois de suite en demi-finales, on reste réguliers au plus haut niveau. Alors oui, ce n'est pas la médaille que l'on voulait mais c'est bien de concrétiser ce mois ensemble par cette médaille", dixit Vincent Gérard.

L'incroyable fin de match entre la France et l'Allemagne ! :

"Après la gifle qu’on a reçue, on ne pouvait pas perdre"

Valentin Porte

Il y a un an, c’est paré du même métal que les hommes de Didier Dinart ont conclu leur Euro en Croatie, barrés alors par l’Espagne, le futur champion – comme le Danemark bourreau de la France dans ce championnat du monde. Une constance qui ne trahit pas l’absence d’évolution mais transpire davantage la culture de la gagne imprimée depuis tant d’années. Car ce groupe avant tout composé d’héritiers (quatre Experts champions olympiques en 2012 seulement étaient de la partie) refuse catégoriquement la défaite. "C’est un peu le même sentiment que l’an dernier. Avec le potentiel qu’on avait et après une telle compétition c’était le minimum, souffle Valentin Porte. Après la gifle qu’on a reçue, on ne pouvait pas perdre, pas livrer un non-match. Perdre un troisième match de suite c’était impensable !"          

Dinart ne doute jamais

Dominés par la Croatie en conclusion de leur tour principal et par le Danemark en demie, les Bleus n’imaginaient pas une seule seconde s’incliner encore face à l’Allemagne, dans la petite finale. "Evidemment qu'on voulait l'or mais on ne peut pas cracher dessus. On a su se relever", note Nedim Remili. Et Vincent Gérard d’ajouter: "Nous sommes une équipe jeune, il y a une vraie base de travail. Et réussir à s'en sortir, alors que l'on est mené de quatre buts à la mi-temps, montre la force mentale de ce groupe !" "En deux jours, on a progressé dans nos têtes", avance un Luc Abalo qui songe déjà à l’avenir: "C’est une belle aventure, une belle médaille de bronze. Maintenant elle doit nous donner juste une envie, celle de progresser encore et encore."

Didier Dinart : "Le Mondial est réussi !"

Ce n’est pas Melvyn Richardson qui dira le contraire, lui qui incarne le prometteur futur de cette équipe de France avec les Dika Mem, Ludovic Fabregas ou Nedim Remili. "Il n’y a pas longtemps je voyais ça à la télé, et maintenant je suis là. J’ai joué, et c’est exceptionnel ! Ça me donne soif de continuer à travailler pour revenir et vivre encore ce genre d’événements. J’espère que ça continuera encore pour qu’on puisse aller chercher des médailles, mais en or cette fois !" La voix de la sagesse, celle de Michaël Guigou, 37 ans au compteur, enchaîne avec au moins autant d’appétit: "Cette médaille, c’est avec les tripes qu’on a été la chercher. Elle représente le départ d’un cycle d’un an et demi. C’est difficile, il y aura un Euro, un TQO et, je l’espère, des JO. La victoire d’aujourd’hui va et doit nous servir, comme les défaites de ces deux dernières années. Il faut qu’ils nous servent pour continuer à gagner des titres."

Didier Dinart en est persuadé, son équipe est sur le bon chemin quoiqu’en pensent ses détracteurs: "Après le Danemark, il ne fallait pas tout remettre en cause. On a perdu dans la souffrance et ça va nous construire. […] Cette médaille de bronze concrétise le travail d'un collectif, les joueurs méritaient cette récompense ! J'ai toujours foi en mon collectif. L'entourage peut douter mais moi, jamais ! Tant qu'il y a de la qualité, on doit pouvoir espérer jouer les premiers rôles. Et cette équipe a beaucoup de qualité…" Alors vivement la suite, en Autriche, en Norvège et en Suède en janvier 2020. 

Le résumé de France-Allemagne :