Kentin Mahé, retour en pleine lumière

Petr David Josek / POOL / AFP

En l'absence de l'icône Nikola Karabatic, victime d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit mi-octobre, de grosses incertitudes entouraient le poste de meneur de l'équipe de France. 

Elles se sont envolées aussi sec, sur un kung-fu de Mahé au bout de 30 secondes de jeu face à la Norvège (28-24).

Les Bleus font plaisir contre la Norvège

Magistral pour ce premier rendez-vous crucial (9 buts sur 11 tirs), Mahé, 29 ans, a ensuite contribué à éviter les pièges suisse, algérien et islandais, dynamisant les Bleus parfois endormis, à chacune de ses entrées sur le terrain. 

Avant le quart de finale, le demi-centre est le meilleur buteur français (28 buts sur 37 tirs), l'un des plus efficaces, pivots mis à part (76%) et le deuxième meilleur passeur après Nedim Remili (17). 

"J'essaye de retrouver le niveau de jeu que j'avais en 2019 et de l'améliorer si possible sur certaines séquences", a-t-il résumé, conscient de revenir de loin.

Après son Mondial 2019 exceptionnel dans son pays d'adoption, l'Allemagne, et une 5e médaille avec les Bleus, en bronze, il a été victime d'une sérieuse blessure au genou gauche qui l'a privé de l'Euro 2020 avec une convalescence de dix mois.

Loin de ses enfants

Dans son malheur, il a eu la chance de voir les Jeux de Tokyo reportés d'un an en raison de la pandémie de Covid-19 et le réconfort de passer sa rééducation confiné avec sa compagne Franziska et leur fille Vida, âgée de 2 ans. "Un super moment", dit-il dans un entretien à l'AFP.

En décembre, Mahé est devenu papa d'un petit Juno, qu'il a dû quitter aussitôt. En Egypte, c'est ce qui lui "pèse le plus". "Je ne l'ai vu que 3-4 jours après sa naissance, il a un mois et demi maintenant... C'est pour moi la chose la plus difficile en ce moment."

Finie l'époque où le prodige, aux Jeux de Rio en 2016, se faisait remonter les bretelles par Claude Onesta pour être apparu appareil photo à la main : le jeune papa n'est pas venu en Egypte pour admirer les pyramides, qu'il voit pourtant depuis l'hôtel voisin. 

"Cette compétition, pour moi, est plus difficile psychologiquement que physiquement. Avec le fait d'être loin des familles et de jouer tout le temps, j'ai vraiment besoin d'utiliser les moments de repos pour récupérer le mieux possible."

"Kentin est à la fois capable d'organiser, d'être au près dans le duel, capable d'une panoplie de tirs intéressante", commente le sélectionneur Guillaume Gille. "Il est à l'aise en montée de balle, sur les postes des arrières latéraux, il peut jouer à l'aile. C'est quelqu'un de très complet et de très créatif."

En fin de contrat

Au Caire, le fils de l'ancien international Pascal Mahé revit aussi loin de Veszprem, grand d'Europe rejoint en 2018, mais où il a dû serrer les dents ces derniers mois. 

D'abord parce que le club hongrois l'a sommé d'anticiper sa reprise "fin juillet-début août, pas forcément volontairement", alors qu'il lui fallait "encore un peu de convalescence".

Mais aussi parce que l'entraîneur espagnol David Davis lui a ensuite préféré Petar Nenadic pour le Final Four de la Ligue des champions fin décembre, Mahé devant se contenter d'un rôle de "roue de secours" qui ne lui convient pas à l'aile. 

Contre Kiel en demi-finale, le Serbe n'a pas été à la hauteur et le géant hongrois est de nouveau passé à côté du titre.

"C'était de la frustration", a reconnu Mahé qui a d'autres ambitions. "Mon intention est de faire vivre le ballon, faire jouer les copains et pouvoir marquer des buts en tant que demi."

La question ne se pose pas en bleu et doit faire réfléchir Davis et Veszprem, avec qui Mahé arrive en fin de contrat.


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