Rooney, un buteur pas comme les autres

Reuters

Son 50e but sous le maillot des Three Lions, inscrit face à la Suisse, restera comme l’un des évènements majeurs de sa carrière et du nouveau Wembley. En dépossédant Bobby Chartlon d’un record vieux de quarante-cinq ans, l’attaquant des Red Devils a écrit une nouvelle page d’une carrière débutée avec Everton en 2002. L’occasion de revenir sur l’évolution d’un joueur au profil rare.

Contre la Nati, Rooney n’a pas seulement rayé des tablettes l’un des plus grands noms de l’histoire du football britannique. Il a aussi marqué son 300e but en carrière toutes compétitions confondues. Pas si mal pour un attaquant qui a depuis quelques saisons déserté la zone de jeu préférée de ses compères : la surface de réparation. Au fur et à mesure des années sous les ordres d’Alex Ferguson, le natif de Liverpool a reculé dans son positionnement sur les gazons de la Perfide Albion, au point de souvent se retrouver à la construction des actions et non plus à leur finition. Outre la parenthèse David Moyes, Louis Van Gaal avait lui aussi décidé l’an passé de le poster au cœur de son 3-5-2, aux côtés de Michael Carrick.

De striker à playmaker

Sa faculté à se projeter vers l’avant (logique pour un avant-centre), la précision de son jeu long, son physique puissant et sa capacité à répéter les efforts en faisaient le milieu box-to-box idéal pour Manchester United. Un véritable playmaker digne de son ex-coéquipier Paul Scholes. Cette saison, le technicien néerlandais a choisi de le replacer tout en haut de son 4-3-3, faute d’avoir pu trouver un numéro neuf d’envergure internationale. Ci-dessous, la zone d’activité de Rooney lors des deux derniers matchs de MU, face à Newcastle (0-0) et lors de la défaite à Swansea (2-1).

Deux matchs où Rooney a beaucoup dézoné pour redescendre chercher les ballons, orienter le jeu et ainsi approvisionner Memphis Depay et Juan Mata. Ça, c’était avant le recrutement d’Anthony Martial. Avec l’arrivée du Français, il ne serait pas étonnant de voir Rooney retrouver une position plus basse sur le pré, pourquoi pas en soutien de la si chère recrue tricolore.

La polyvalence de l’attaquant de 29 ans est sûrement sa plus grande force mais aussi une petite carence à l’heure où l’on mesure l’impact d’un joueur au nombre de buts qu’il empile. Le début de saison a d’ailleurs été affecté dans le Nord de l’Angleterre par un débat : celui sur le manque d’efficacité de l’enfant chéri d’Old Trafford. Systématiquement aligné en pointe, Rooney n’a pour le moment pas encore débloqué son compteur en championnat, le tout en ayant disputé l’intégralité de chaque rencontre. Et ce n’est pas son triplé face à Bruges en barrages de C1 qui fera oublier cette malheureuse disette. Finalement, la question n’est peut-être pas de savoir combien Rooney marquera de but, mais combien en créera-t-il pour ses partenaires. Et si elle était finalement ici la plus grande force du diable rouge mancunien ?