Ligue des Champions : Saul Niguez, l’enfant roi de l’Atlético

Reuters

Diego Simeone a de la suite dans les idées. Après tout, qui avait prévu que le départ l’été dernier d’Arda Turan, pièce maitresse du collectif ultra-rodé des Rojiblancos, passerait autant inaperçu ? El Cholo a pourtant su compenser avec brio l’envol du milieu turc au Barça. A vrai dire, si le turbulent coach argentin a laissé filer l’un des hommes de bases de son équipe chez l’un de ses rivaux, c’est qu’il était conscient de posséder dans son effectif le joueur idoine pour le remplacer. Ce joueur, vous l’aurez deviné, c’est Saul Niguez.

Avant l’Atlético, il a joué… pour le Real !

"Faire plus de passes ne signifie pas mieux jouer".

Saul Niguez

Certes, le natif d’Elche n’avait que 11 ans lorsqu’il a rejoint le club merengue mais tout de même : avant de devenir la nouvelle coqueluche des socios de Vicente-Calderon, Saul Niguez a porté pendant deux ans le maillot de l’ennemi juré. Une expérience douloureuse pour le milieu de terrain, pas vraiment chouchouté par ses jeunes coéquipiers de l’époque : « Sportivement, ça allait bien mais il y a eu ces choses extra sportives que ne peut pas vivre un enfant de 11-12 ans » relate-t-il au journal El Mundo en février. « Ils m’ont volé mes chaussures, ma nourriture, ils m’ont interdit de me rendre au centre d’entraînement de Valdebebas pendant deux semaines pour des choses que je n’avais pas faites. Ils ont remis une lettre à l’entraîneur en disant que c’était moi qui l’avais écrite. » Un souvenir douloureux qui a forgé le caractère du garçon, guerrier sur le terrain et parfait soldat du général Simeone.

"Quand je vois des joueurs comme Koke et Saul, je me dis que je dois apprendre de leur mentalité."

Fernando Torres

Son but stratosphérique contre le Bayern Munich l’a propulsé sous le feu des projecteurs et c’est désormais le gratin européen qui rêve d’accueillir la pépite de l’Atlético dont la clause libératoire s’élève à 45 M€. Le quotidien Sport rapportait la semaine dernière que Barcelone détenait une option préférentielle pour l’attirer au Camp Nou. Sauf que le numéro 17 a l’Atlético dans la peau. Et quand on l’interroge sur le style défensif de sa formation, Saul défend avec conviction la tactique de son équipe : « L’important est de gagner. C’est vrai que nous ne jouons pas comme le Barça, qui a un jeu agréable, mais regardez, il y a des gens qui disent qu’ils sont ennuyeux. Nous faisons toujours ce que nous pensons être le mieux pour gagner le match. Faire plus de passes ne signifie pas mieux jouer. »

Au vu de la dimension prise par le milieu espagnol, la possibilité de le voir quitter le nid colchonero est mince. Apprécié par ses partenaires, l’homme est désigné en exemple par Fernando Torres, l’icône du club : « Quand je vois des joueurs comme Koke et Saul, je me dis que je dois apprendre de leur mentalité. » On a vu pire comme compliment.

L’Euro en ligne de mire

La mentalité, l’aspect le plus prépondérant dans la réussite actuelle de Saul. Jamais avare d’efforts sur le champ de bataille que devient souvent un match disputé par l’Atlético, l’international espoir ibérique exécute les ordres de son entraîneur avec fougue et comble avec minutie chacune des brèches ouvertes par les offensives adverses. A 21 ans seulement, il rassemble l’ensemble des qualités que doit afficher un élément de l’Atlético : batailleur, généreux, technique et déterminé. Un savant mélange qui en fait le complément idéal de Koke et Gabi dans l’entrejeu puisque en plus d’être un bon manieur de ballon, Saul Niguez a dans ses valises une polyvalence bienvenue pour la formation de la capitale.

Parfois positionné dans le cœur du jeu par Simeone, le technicien albiceleste n’hésite pas à lui confier un rôle de milieu excentré, où son abnégation défensive fait des merveilles dans le couloir. Logiquement, sa montée en puissance en fait un candidat naturel dans la sélection de Vicente Del Bosque pour l’Euro 2016. Jamais sélectionné avec l’Espagne, Saul Niguez a tout pour devenir l’invité surprise de la Roja en juin. Mais avant de fouler avec la passion qui le caractérise les pelouses françaises, c’est le pré allemand de l’Allianz Arena qui attend ce soir l’enfant chéri de l’Atlético. C’est une certitude : le Bayern Munich a du souci à se faire.