Ellyes Skhiri : « Continuer à persévérer »

Skhiri V2

Depuis la fin de saison dernière, vous êtes indiscutable à Montpellier. Comment vivez-vous ce changement de statut ?

C’est allé assez vite en fin de saison dernière. Avec le changement de coach (ndlr : Hantz en remplacement de Courbis), j’ai eu une chance qui s’est présentée. Depuis, ça s’est bien passé et j’ai eu beaucoup de temps de jeu. J’ai commencé cette saison avec un statut un peu différent puisqu’on m’attendait beaucoup plus. C’est une nouvelle étape à franchir avec une pression différente. Je commence à m’acclimater et à me sentir de mieux en mieux.

 

Vous attendiez-vous à être propulsé sur le devant de la scène si rapidement ?

C’est venu très rapidement. En début de saison dernière, j’ai très peu joué. J’ai fait quelques bancs sans pour autant entrer en jeu. J’étais toujours dans l’espoir que ça arrive. Je n’étais pas trop surpris ou dans le doute quand c’est arrivé, car j’attendais ce moment de pied ferme. J’étais très content et très motivé par ce challenge.

 

Quels souvenirs gardez-vous de votre première titularisation ?

C’était sous l’ère Courbis. C’était lors d’un match contre Lens qui était déjà relégué en Ligue 2. J’ai joué à un poste qui n’était pas le mien, latéral droit, mais le coach pensait que je pouvais bien dépanner à ce poste. J’étais très stressé car je ne connaissais pas les subtilités de ce poste. Au final, ça s’est très bien passé car nous avions gagné 1-0 et j’ai réalisé une passe décisive. Une première stressante mais heureuse.

 

« Je me mets souvent en position de hors-jeu (ndlr : sur corner) »

 

Votre polyvalence est un atout mais à quel poste vous sentez-vous le mieux ?

Plus jeune, je jouais à un poste plus offensif. Par la suite, j’ai été vraiment formé en tant que milieu récupérateur ou relayeur. Cette polyvalence m’a permis d’avoir un peu de temps de jeu même si ce n’était pas à des postes préférentiels. J’essaye de m’adapter au mieux. J’ai pu dépanner en défense central aussi. Je pense que c’est un atout. Je me sens quand même mieux devant la défense avec un système à deux n°6, avec un récupérateur et un relayeur. C’est un système qui me permet de participer un peu plus offensivement.

 

 

Justement, vous savez également vous muer en buteur. Est-ce un aspect qui compte pour vous ?

L’an passé c’est allé vite avec deux buts. Donc forcément, ça fait parler. Ce n’était pas une habitude de marquer lors des dernières saisons. J’espère continuer à marquer, ça serait très bénéfique pour moi.

 

Vous êtes souvent très bien placé dans la surface adverse. Quel est votre secret ?

Je n’ai pas de secret particulier. J’essaye de me faire oublier car les défenseurs ont souvent tendance à coller au marquage et accrocher les maillots, ça empêche de jouer le ballon. J’essaye de me mettre dans des positions où les défenseurs auront du mal à me suivre. Par exemple, je me mets souvent en position de hors-jeu pour ne pas être marqué.

 

« Repartir sur des choses simples, spontanées et efficaces »

 

Votre belle histoire contraste avec les difficultés de Montpellier en L1. Comment expliquez-vous ce mauvais début de saison ?

Le début de saison est décevant avec une seule victoire en sept matchs. Dans le contenu, ce n’est pas forcément des plus mauvais. On est mal payé. Il y a des matchs où ça aurait clairement pu tourner en notre faveur. Il faut continuer à persévérer et la chance tournera en notre faveur.

 

Sur quels leviers devez-vous travailler pour que Montpellier décolle enfin ?

Sur les six premiers matchs de la saison, on est la seule équipe à avoir ouvert le score en premier. On n’a pas réussi à maintenir cette avance cinq fois. On doit gagner en concentration sur les fins de matchs pour essayer de gagner. On va essayer de repartir sur des choses simples, spontanées et efficaces. C’est la consigne du moment.

 

Vous allez affronter Dijon et Caen, deux équipes à votre contact. Il ne faudra pas se manquer…

Le match face à Metz, malgré leur classement, c’était déjà une rencontre très importante pour nous. On savait que c’est une équipe concurrentielle. Ces deux prochains matchs seront très importants. On a vraiment à cœur de les gagner pour respirer et ne pas perdre de terrain sur ces équipes. Les consignes sont claires : il faudra être conquérant. 

 

« La Tunisie ? La porte n’est absolument pas fermée »

 

L’arrivée de Stéphane Sessègnon devrait vous permettre d’avoir plus de poids devant. Comme se sont passés ses premiers jours ?

Il est arrivé il y a deux jours. Il s’est déjà entraîné avec le groupe normalement. On attend de voir dans quel état physique il est. Sur le plan technique, on a déjà pu constater son aisance. On est curieux de le découvrir. On n’a aucun doute sur son talent.

 

 

Vous avez été prolongé jusqu’en 2020. Une belle marque de confiance de la part du MHSC…

Le club m’a accordé une belle confiance et c’était important pour les deux parties. C'est une prolongation qui me permet de me sentir un peu plus considéré car j’avais toujours mon premier contrat pro alors que je jouais tous les matchs. C’était important d’évoluer dans mon contrat et de me sentir apprécié. J’en suis très content et j’espère continuer de la sorte.

 

On parle beaucoup de vous avec la sélectionne tunisienne. Qu’en est-il aujourd’hui ?

J’ai fait plusieurs stages avec les équipes de jeunes lors des saisons précédentes. C’est vrai qu’il y a eu des approches de la sélection A. Pour ma part, j’ai dit que je préférais, déjà pour cette année et pour les mois à venir, me consacrer à mon club car j’ai vraiment une marche à gravir. J’ai dit que je voulais prendre mon temps mais la porte n’est absolument pas fermée. Si je sens que c’est le bon moment, oui, il y aura possibilité. Mais aujourd’hui, je veux clairement prendre mon temps, voir mon évolution et prendre de l’ampleur dans mon équipe.