Ballon d’Or : Est-il encore légitime ?

En effet, ces derniers temps rares sont les éditions qui n’ont pas créé le débat à propos du lauréat. Il faut dire que depuis plus de onze ans maintenant, Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, cinq récompenses chacun, se partagent presque sans concurrence le titre officieux de meilleur joueur du monde. Seul Luka Modric, l’an dernier, a mis fin au règne sans partage des deux superstars du football. Si le Ballon d’Or passionne les amoureux de la discipline, il divise tout autant au moment des résultats.




Surtout depuis l’après 2007, où le prestigieux trophée est passé de récompenser « le meilleur joueur de l’année » à titrer « le meilleur joueur du monde », si on caricature un peu. C’est ainsi que les ratés d’Andrés Iniesta et Xavi Hernandez en 2010 et 2012, de Franck Ribéry en 2013, voire d’Antoine Griezmann en 2018, pour ne citer qu’eux, ont engendré autant de déchirements que de fatalisme face au quasi-monopole des deux quintuple Ballon d’Or.

L’édition 2018 a-t-elle tout chamboulé ?

Pour les plus nostalgiques, après avoir vu Figo, Owen, Ronaldo, Nedved, Shevchenko, Ronaldinho, Cannavaro ou encore Kaka se succéder et triompher au début du siècle, l’hégémonie du Portugais et de l’Argentin a été dur à avaler. Par chance, elle a pris fin, presque à la surprise générale, l’an dernier avec le sacre de Modric, vainqueur de la Ligue des Champions avec le Real Madrid et finaliste de la Coupe du monde avec la Croatie. Un petit séisme dans le milieu qui a relancé l’intérêt de certains puristes pour le trophée, alors que la légitimité du vainqueur ne cessait de faire débat depuis des années, à la suite du changement de formule.


Pour autant, si certains rêvent de voir Virgil van Dijk ou Sadio Mané remporter le Ballon d’Or 2019, il semble plus probable qu’il atterrisse à nouveau dans les mains de Messi et relance un énième débat sur le fondement de ce sacre. Chez les femmes, Megan Rapinoe semble de son côté la grande favorite pour succéder à Ada Hegerberg, la première lauréate en 2018. Là encore, la question devrait également se poser, sachant que l’Américaine n’a eu à briller, hormis médiatiquement, que durant cinq rencontres lors du Mondial féminin pour prétendre à la distinction individuelle suprême.