Anthony Lippini : "Bastia reviendra au plus haut niveau"

Panoramic

Anthony Lippini, que s’est-il passé avec l’AC Ajaccio ?
Je n’ai pas voulu resigner avec Ajaccio parce que j’en avais un peu marre après deux saisons un peu fatigantes. C’est un choix personnel. Le coach (Olivier Pantaloni) voulait que je resigne cet hiver mais je n’avais pas envie. Cela me déplaît un peu pour le coach car c’est quelqu’un que j’aime beaucoup et que je respecte énormément. Mais je suis quelqu’un qui marche aux sentiments et, pour moi, le foot à Ajaccio était fini pour cette année. Mon choix a été rapidement fait en janvier, après le derby (ndlr : face au Gazélec le 9 décembre dernier). Je n’ai eu aucun soutien du club donc cela a été réglé…

Que s’est-il passé lors du derby ? 
J’ai reçu un carton rouge et j’ai effectué un geste qui a été mal interprété par beaucoup de personnes alors qu’il n’y avait rien de négatif ou de méchant de ma part. On m’a mis sur le dos les incidents du derby… Je n’ai jamais rien dit mais je n’ai jamais oublié et je suis un peu déçu de ça. Ça fait partie du jeu… Et en janvier, j’avais eu quelques contacts avec Bastia et le coach Ciccolini (qui s’est finalement fait limoger le 27 février). Il n’y avait rien de fait mais ça me mettait un peu la puce à l’oreille. J’ai toujours voulu jouer pour le Sporting. Je suis de Bastia et le club est ancré en moi, quoi que je fasse. 

Bastia a ensuite connu la relégation en Ligue 2 à l’issue de la saison alors qu’un dépôt de bilan est à venir avec la perte du statut professionnel et un nouveau départ en National 3… 
Oui, en fin de saison, l’ancien président Geronimi et sa direction étaient favorables à ma venue. Je me suis dit : « Ça va se faire cette fois et enfin je pourrai jouer pour Bastia » (sourire). Mais le destin en a voulu autrement. Cela me fait mal au cœur de voir le club dans cet état-là car il ne mérite pas ça. C’est le club phare de la Corse quoi qu’on en dise, qui a le plus de vécu au haut niveau. Qu’il soit tombé si vite si bas, cela me fait vraiment mal. 

Comment expliquez-vous cette chute ? En voulez-vous aux anciens dirigeants notamment ?
Je n’en veux à personne car je ne suis là pour juger et je ne connais pas toute l’histoire. Le Sporting était en L1 il y a quelques semaines, en finale de la Coupe de la Ligue il y a deux ans… Mais si le club descend aujourd’hui, c’est que les choses n’ont pas été bien faites. C’est dommage parce qu’il va laisser un grand vide dans le monde du football mais aussi économiquement dans la ville et sur l’île. Le Sporting génère énormément au niveau local, sur le plan économique, du marketing ou de la ferveur. C’est triste.

Surtout que le problème du chômage en Corse est déjà très présent…
C’est ça… Il y a beaucoup de salariés du club qui vont voir leur situation changer. Tout ça pour une locomotive qui se voit dégringoler. 

"Strasbourg a réussi, je ne vois pas pourquoi le Sporting n’y arriverait pas"

Des exemples assez récents, comme le Racing Club de Strasbourg qui a connu une liquidation à l’été 2011, doivent certainement redonner de l’espoir… 
Oui. De tout façon, une chose dont je suis certain : c’est que le Sporting va revenir au plus haut niveau. C’est un club qui reflète bien les caractéristiques du Corse à proprement parlé : c’est-à-dire les valeurs de combat, de ne jamais rien lâcher. Je ne sais pas combien de temps ça va lui mettre, mais le Sporting va s’en sortir. J’en suis persuadé à 200%. Le club va repartir sans dette et va pouvoir remonter un projet. Après, ce projet partira de loin donc il faudra du temps, beaucoup de temps. Strasbourg a réussi, je ne vois pas pourquoi le Sporting n’y arriverait pas. 

Vous voilà désormais sans club alors que les championnats ont déjà repris… 
Oui, c’était vraiment une priorité pour moi d’aller là-bas. Après, cela ne s’est pas fait. Il faut rebondir maintenant. C’est vrai qu’aujourd’hui, je suis un peu plus âgé qu’avant (28 ans) et je vois les choses un peu différemment. Je n’ai pas de pression particulière. Je suis serein, je sais que je vais retrouver quelque chose d’intéressant. Cela me permet de passer de très longues vacances avec ma famille, ce qui n’était plus le cas depuis très longtemps. Donc quand je vais reprendre avec mon club, je serai gonflé à bloc mentalement. Et je suis prêt physiquement parce que je m’entraîne tous les jours. J’attends maintenant ce bon projet. 

Préférez-vous un projet en France ou à l’étranger ?
Je veux simplement prendre du plaisir. Peu importe où. J’aime le foot et, malheureusement, le foot est de plus en plus vu d’une façon où il y a beaucoup d’argent et moins de valeurs. Mais je crois encore aux valeurs qu’il reste. Je n’ai pas peur de quitter la France. La seule chose que je souhaite, c’est retrouver un terrain et « faire chier » quelques arbitres et quelques joueurs… (rires)

@_PGod_


>