Insigne, le détonateur de l’Italie ?

Panoramic

Avec Gianluigi Buffon dans les cages et le trio turinois Bonucci, Chiellini et Barzagli, l’Italie possède sans doute l’une des meilleures défenses d’Europe. Au milieu de terrain, la Nazionale n’a pas non plus à rougir avec des piliers comme Thiago Motta, Marco Verratti, Claudio Marchisio ou encore Daniele De Rossi. Côté attaque, c’est une autre histoire. Qu’il semble loin le temps des Baggio, Inzaghi ou Del Piero …

L’attaque, là où le bât blesse

Lors de la dernière Coupe du Monde, Cesare Prandelli avait décidé de faire confiance à Mario Balotelli, déjà contesté. Depuis, celui qui restera un éternel grand espoir n’est même plus sélectionné avec la Squadra Azzurra. Si son absence fait l’unanimité, son remplaçant lui reste toujours à trouver. Auteur de belles prestations du côté de Southampton, Graziano Pellè a un temps été évoqué. Mais force est de constater que le joueur de 30 ans n’a pas l’étoffe d’un grand. Autre candidat au poste, Ciro Immobile. Malheureusement, depuis son départ à Dortmund en 2014, celui qui est également passé par Séville est à la peine. Son retour au Torino lui a certes fait du bien (5 buts en 12 matches) mais trop souvent blessé, il pourrait manquer de rythme en juin prochain. Reste le cas Simone Zaza. Difficile à juger lui qui est en cruel manque de temps de jeu avec la Juventus. Alors que le vivier italien est à sec, ou presque, Antonio Conte a donc sorti de sa poche la carte « oriundi ». Autrement dit, le sélectionneur a décidé de faire appel à un joueur naturalisé, une spécialité dans l’histoire du football italien. Le 28 mars 2015, Eder a étrenné pour la première fois le maillot azzurro. Performant à l’époque avec la Sampdoria, le Brésilien de naissance connait quelques difficultés depuis son arrivée à l’Inter cet hiver. L’ancien de Gênes n’a d’ailleurs toujours pas inscrit le moindre but avec sa nouvelle équipe. En sélection, son bilan n’est guère plus flatteur avec 2 petits buts en 9 apparitions.

Insigne, l’Italie à sa botte

En l’absence de vrai numéro 9, l’Italie va, une fois n’est pas coutume, devoir s’appuyer sur ses joueurs de couloirs. Avec Candreva, Florenzi, Giaccherini, El Shaarawy, ou encore Bernardeschi, la Squadra Azzurra a de quoi faire. Mais elle pourra surtout compter sur Lorenzo Insigne. L’attaquant de poche, qui a pris une nouvelle dimension, réalise une incroyable saison avec Naples, deuxième de Serie A et toujours en course pour le scudetto. Avec 11 buts et 10 passes décisives au compteur en championnat, le Napolitain est certainement le Transalpin le plus en forme du moment. Mais en froid avec son sélectionneur depuis sa « blessure diplomatique » en octobre dernier, le chouchou des tifosi n’avait pas pu s’exprimer avec la Nazionale. Alors qu’il n’avait pas encore joué sous l’ère Conte, Insigne est entré en jeu face à l’Espagne vendredi, à la place d’un Eder quasi inexistant. Auteur d’une entrée fracassante avec un but et une activité débordante, le joueur du Napoli a mis l’Italie à ses pieds. Si bien qu’Antonio Conte devrait lui offrir sa deuxième titularisation avec les Azzurri ce soir contre l’Allemagne (à 20h45 sur beIN SPORTS 2). L’occasion pour l’ancien de Pescara de prouver qu’il peut devenir un élément incontournable voir indispensable de cette sélection italienne. Buffon en est pour sa part déjà convaincu : « Vu ses qualités, vu la saison qu’il est en train de faire, Insigne peut être le joueur qui nous permettra de faire le grand saut, il peut faire la différence ».

 


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