Wenger : "Jusqu'en 2024, rien ne va bouger"

Reuters

L'ancien manager emblématique d'Arsenal, aujourd'hui directeur du football mondial à la FIFA, a expliqué en détails son projet pour le football de sélections, basé sur l'organisation d'une Coupe du Monde tous les 2 ans. Pointée du doigt par de nombreux acteurs du football, cette initiative a un objectif très clair pour le technicien : redonner un sens au football de sélections en fragmentant les matchs différemment.

Une Coupe du Monde tous les 2 ans pour offrir des matchs de haut niveau

"J'ai pris le parti d'une réorganisation du calendrier international, qui est fixé jusqu'en 2024. C'est à dire que jusqu'en 2024, rien ne va bouger. Ensuite, le football, en gros, c'est 80% de football de clubs et 20% de football d'équipes nationales. Moi, ce que je propose, c'est de garder cet équilibre entre clubs et équipes nationales, mais de réorganiser le tout de façon différente, et de faire une meilleure séparation", a expliqué Arsène Wenger.

"C'est à dire qu'au lieu de jouer en cinq fois les matchs de qualifications des équipes nationales, je propose de les jouer en une fois ou en deux fois, en réduisant le nombre de matchs de qualifications et que les joueurs restent toute la saison en club, et qu'à la fin de la saison, il y ait une grande compétition internationale pour l'équipe nationale, a continué le technicien alsacien. Donc en gros, la compétition internationale est la conséquence du fait qu'au lieu d'avoir 10 matchs de qualifications, moi j'en propose six. Quatre matchs en moins qui vont permettre de terminer le championnat plus tôt, et d'organiser une grande compétition à la fin de l'année."

Tout en précisant au sujet des tournois continentaux (Euro, CAN, Copa America) que "les confédérations seront libres d'organiser une compétition tous les 2 ou tous les 4 ans", Arsène Wenger a exposé des arguments clairs. "Cela part d'un désir de simplicité, de clarté, et de n'organiser que des compétitions qui ont un sens et qui sont compréhensibles par tout le monde. Je pense qu'il faut donner aux supporters du foot, avec des compétitions qu'ils comprennent et des matchs de très haut niveau".

 

"Si Kylian Mbappé était né au Cameroun, d'où son père est originaire, est-ce qu'il serait le même joueur ?"


"Dans ma carrière, les matchs amicaux et les matchs de qualifications ont perdu de leur sens. Pourquoi perdre un an à faire des qualifications alors qu'on sait très bien que les grands pays vont y être ?, s'est-il interrogé. Alors oui, on se heurte à ce cycle de 4 ans et c'est difficile de s'en détacher parce que ça semble être un cycle naturel. Mais en même temps, la société a évolué, tout va plus vite. L'expérience du temps est différente pour les jeunes d'aujourd'hui par rapport aux gens qui ont été élevés dans ce cycle de 4 ans."

"Mon programme, il part au départ d'un seul critère : donner à chaque talent une chance dans le monde, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. On parle de Kylian Mbappé. Moi je dis aujourd'hui : s'il était né au Cameroun, d'où son père est originaire, est-ce qu'il serait le même joueur ? Je dis que non. Parce qu'il n'aurait pas eu les mêmes opportunités pour développer son talent. Et c'est à ça qu'il faut remédier. La compétition est un des aspects - pas le seul - pour y remédier", a conclu Arsène Wenger.

 

 

 

 

 

 

 


>