Les finales de Coupe du monde : Le miracle de Berne

Le scénario est tellement incroyable qu’un film lui a même été consacré, en 2003. Et il est évidemment intitulé "Le miracle de Berne", le surnom de cette finale de la Coupe du monde 1954. Car personne ne s’attendait à ce que l’Allemagne de l’Ouest terrasse la grande Hongrie, qui restait sur 31 matchs sans défaite. Et dont le succès était tant attendu que l’ambassadeur de Hongrie en Suisse avait prévu une grande réception le lendemain pour le célébrer. L’impression d’un timbre pour commémorer le triomphe était même déjà lancée, tout comme l’édification d’un monument au stade national de Budapest.

Un début de match fou

Une confiance d’autant plus grande que Ferenc Puskas et ses partenaires avaient étrillé au premier tour les Allemands (8-3), qui, après la seconde guerre mondiale, n’avaient pu rejouer qu’en 1950. Les Hongrois s’avançaient donc en grands favoris au Wankdorfstadion de Berne. Où, sous une pluie battante, ils menaient déjà 2-0 après seulement 8 minutes de jeu, grâce à des buts de Puskas et Zoltan Czibor.

Mais alors qu’on les imaginait prendre le large, leurs adversaires parvenaient à revenir à hauteur en moins de 10 minutes, sur des réalisations de Max Morlock (10e) et Helmut Rahn (18e). Toni Turek, le dernier rempart de la RFA, allait ensuite multiplier les parades, quand il n’était pas sauvé par ses montants, face à des Hongrois déchaînés.

Une histoire de crampons... et de dopage ?

Les joueurs de Sepp Herberger tenaient bon et s’enhardissaient même au fil des minutes, jusqu’à cette fameuse 84e minute, et ce petit numéro de Rahn, qui enchaînait crochet et frappe du gauche à ras de terre pour offrir un improbable succès à son pays (3-2). Cette victoire est aussi celle d’Adi Dassler, futur fondateur d’Adidas, qui avait équipé les joueurs allemands de crampons vissés. Ce qui s’est révélé très utile sur ce terrain lourd.

Mais pour Puskas et ses coéquipiers hongrois, les vainqueurs ont surtout été avantagés par le dopage. Une thèse que tendrait à accréditer cette étude universitaire commandée par le Comité olympique allemand en 2010. On y apprenait que les joueurs allemands, qui croyaient bénéficier d'un traitement à base de vitamine C, auraient en fait reçu des injections de méthamphétamine.