Cameroun : Eto'o monte au créneau

Peu importe les prérogatives des uns et des autres, et les susceptibilités aussi : lorsque Samuel Eto'o, président de la Fédération camerounaise de football, a un message à faire passer, il ne s'embarrasse pas des formes. L'ancien attaquant en a donné une nouvelle preuve jeudi à Dar es Salam, après le match pourtant remporté par les Lions Indomptables face au Burundi (1-0), pour leurs débuts dans les éliminatoires de la CAN 2023. Dans une causerie digne d'un coach, devant un Rigobert Song, actuel sélectionneur et ex-coéquipier muet, Eto'o a prononcé un discours très offensif suite à la prestation à ses yeux décevante des récents demi-finalistes de la CAN.

« Moi je ne suis pas content. Je ne suis pas content du tout. Vous représentez l'équipe nationale du Cameroun, je m'en fous de qui il y a en face de vous, vous devez faire le job. J'ai pleuré pendant plusieurs années parce que je manquais mes Coupes du monde, mais je sais quels problèmes j'avais et pourquoi je ratais mes Coupes du monde. Cela ne va pas se passer tant que je suis président. J'ai pris cette présidence pour changer les choses, et les places seront chères », a asséné l'ancien numéro 9, visiblement prêt à faire lui-même l'équipe : « Celui qui veut venir porter le maillot du Cameroun, il fait son job quand il est dans cette équipe. Sinon, il ne vient pas et je serai content, je jouerai avec des enfants. »

« Arriver là-haut, avec ou sans vous »


Réussir « sa » Coupe du monde, Samuel Eto'o en fait une affaire personnelle. Quitte à chambouler l'actuel groupe, dans la continuité de celui dégagé par Toni Conceiçao dans ses années de préparation à la dernière CAN. « Je veux arriver là-haut, avec vous ou sans vous. Parce que cette Coupe du monde, ne soyez pas sûr que vous serez dans cette liste. Si c'est ce que j'ai vu aujourd'hui, vous ne serez pas dans cette liste. J'ai besoin de plus, les gars. J'ai besoin de beaucoup plus », a insisté Eto'o, qui assure avoir retenu les leçons de sa propre expérience.

« Tous les problèmes que j'ai connu comme joueur ne vont pas se répéter, a-t-il poursuivi devant un vestiaire au garde-à-vous. Et mon premier choix c'est d'avoir un groupe humainement bon. J'ai raté parce que je n'avais pas un groupe humainement bon, mais j'avais des grands joueurs. J'avais des équipes incroyables, mais le groupe n'était pas humainement bon. Dès que ce groupe sera heureux de vivre ensemble, on va gagner. Bougez vous ! » Si le message est limpide, reste à savoir comment la manière de le transmettre, avec ce déballage public, aura été perçue par le groupe, staff technique en tête. Ne dit-on pas que tout ce qui se dit dans le vestiaire reste dans le vestiaire ?

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