« Vikingar » ou les Vikings d'Islande

Panoramic

Ce soir à 20h45, les Islandais se déplacent en Turquie pour un match capital pour la qualification pour le prochain mondial. Dans ce groupe, les quatre premiers du classement peuvent encore croire à une qualification et même une première place : la Croatie est pour le moment en tête avec 16 points, le même nombre que l’Islande deuxième. Les Turcs sont provisoirement troisièmes avec 14 points et enfin l’Ukraine est au pied du podium avec le même nombre de points. La Finlande et le Kosovo sont éliminés. Lors de cette avant-dernière journée, ce Turquie-Islande est le seul match qui oppose deux prétendants à la qualification.

Une équipe avec des joueurs très talentueux

Alfred Finnbogason est le nouveau buteur de l’équipe d’Islande. Il fallait un remplaçant à Kolbeim Sigthorsson. Le Nantais s’est blessé, le buteur d’Augsburg l’a remplacé. Un coaching parfait car il est le meilleur buteur de la sélection islandaise dans ces éliminatoires avec 3 buts. Le joueur de 28 ans a aussi parfaitement commencé la saison avec son club, étant le 5ème meilleur buteur de Bundesliga avec 4 buts (et une passe décisive). C’est un joueur expérimenté qui connaît le haut niveau : il a affronté de grand clubs et même disputé la Champion's League durant la saison 2015/2016 avec l’Olympiakos.

Gyfli Sigurdsson a été l’un des grands acteurs de la réussite islandaise à l’Euro. Il a depuis été transféré de Swansea à Everton cet été. Ce transfert a mis un point final à une excellente saison du joueur de 28 ans, que ce soit avec l’Islande pendant l’Euro ou avec les Swans. Il a marqué 9 buts et délivré 13 passes décisives la saison dernière. Juste derrière De Bruyne (18 passes) et Eriksen (15), le n°10 islandais a surpassé Fabregas, Sanchez, Ozïl ou encore Pogba. Sa réussite à l’Euro était loin d’être une surprise. Malgré le début de saison difficile d’Everton - 2 victoires, 1 nul et 4 défaites - Sigurdsson est devenu un cadre de l’équipe de Koeman qui lui a confié le rôle d’organisateur. Durant les éliminatoires, il a marqué 3 buts et offert 3 passes décisives. Le joueur est ainsi impliqué dans plus de la moitié des buts des Vikings.

Kari Arnason est le pilier de la défense islandaise. Il monte très souvent en attaque pour aider ses coéquipiers. C’est un défenseur qui participe beaucoup au jeu offensif. Il a marqué 1 but et donné 2 passes décisives dans ces éliminatoires. A 34 ans, il joue toujours tous les matchs, que ce soit avec son pays mais aussi avec son club. Il a été transféré en Premiership cet été, à Aberdeen, en provenance de Omonia, un club de première division chypriote. Il a lui aussi connu le haut niveau avec Malmö en jouant la Ligue des Champions.

Il nous reste un dernier joueur à analyser. Pas besoin de la présenter : il ressemble à un viking et pendant l’Euro, on l’appelait le barbu. Le capitaine des Islandais, Aron Gunnarsson, a 28 ans et a porté son équipe pendant l’Euro, mentalement mais aussi physiquement. Ses retours défensifs ont impressionné et sa vision du jeu est incroyable. Le joueur joue à Cardiff depuis la saison 2011/12 et est actuellement en tête de la Championship. Amoureux de son pays, il s’est tatoué après l’Euro le drapeau de l’Islande dans le dos. Gunnarsson est néanmoins incertain pour ce soir, ayant été victime d'un pépin physique avec Cardiff lors d'un déplacement à Sunderland il y a deux semaines.

A l’Euro, l'Islande était la seule équipe à n'avoir aucun joueur évoluant dans son propre pays. Mais cette contrainte n’a pas touché le collectif.

Des coach très expérimentés

La première chose qu’il faut savoir, et vous l’avez sûrement remarqué, c’est qu’ils étaient deux à gesticuler dans leur zone technique durant l’Euro. Heimir Hallgrimson était accompagné de Lars Lagerbäck, coach suédois de 69 ans. Ce dernier est devenu le sélectionneur de la Norvège, prenant la place de Per-Mathias Hogmo début octobre. Il est très connu pour qualifier des petites équipes pour les compétitions internationales, comme la Suède ou le Nigéria.

Il y a donc eu deux entraîneurs pendant l’Euro, mais ces derniers se complétaient très bien. L’Islandais s’occupait de la tactique et du management général alors que Lars analysait le jeu adverse, prenait en charge l’entraînement et animait les réunions. Une situation qui ne posait aucun problème aux deux coachs, comme le soulignait Heimir Hallgrimson : « Lars m’a apporté le professionnalisme en sélection. J’avais beaucoup à apprendre. […] On a toujours décidé ensemble. Il m’a dès le début fait sentir que j’étais l’entraîneur à part entière. » 

Depuis que Lars est parti, c’est donc Heimir qui s’occupe de l’équipe. Et ce n’est pas étonnant qu’il réalise d’aussi bons résultats (seulement 3 défaites en 12 matchs). Il connaît très bien le jeu islandais car il a défendu ses couleurs entre 1986 et 2007. Il était donc joueur mais surtout dentiste car le football en Islande n'était encore qu’un loisir. En tant que coach, il a remporté la coupe d’Islande féminine avec l’IBV en 2004 et gagné le championnat islandais avec l’IBV en 2007, cette fois-ci avec l'équipe masculine (un des clubs les plus importants en Islande).

A propos de ce duo, Kolbeinn Sigthorsson a dit ceci juste après l’Euro : « on a suivi ce qu’il [Lars] voulait faire, et on y croyait. Et il travaille très bien avec Heimir, c’est un super couple ! »

Pour finir la recette, il faut absolument des supporters. Le chant des Vikings, aussi appelé « clapping », a fait le tour du monde. Il est encore repris par de nombreux clubs européens. Très surprenant, il reflète la mentalité incroyable des joueurs islandais durant les matchs. C’est une équipe soudée qui a confiance en ses coachs.

L’Islande n’est plus une surprise mais une confirmation qui pourrait continuer d'embêter les grandes écuries pendant de longues années. Ca commence donc ce soir, et les Turcs peuvent s’attendre à des Vikings affamés, qui bondiront de leur drakkar dès le coup de sifflet...

Betmech (@BetmecH)
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