Coupe du Monde : La Nati, nations unies

Reuters

Xherdan Shaqiri et Granit Xhaka ont été les deux héros de la Nati face à la Serbie vendredi dernier. Auteur d’une superbe frappe, le joueur d’Arsenal a permis aux siens, dans un premier temps, d’égaliser. L’attaquant de Stoke City s’est lui mué en buteur providentiel à la 90ème minute. Une réalisation synonyme de victoire pour les Helvètes, toujours en course pour la qualification. Mais les deux joueurs ont surtout crée la polémique après leur célébration. D’origine albanaise, Shaqiri et Xhaka, conspués par les supporters serbes, ont répondu en mimant un Aigle… symbole de l’Albanie. Un geste qui leur vaudra finalement une amende de 8 500 euros d’amende chacun.

Au-delà de la dimension politique, cette affaire permet de mettre en lumière la mixité de la Nati. En effet, 15 joueurs* helvètes sur les 23 sélectionnés sont binationaux, 8 ne sont d’ailleurs pas nés sur le sol suisse. Un véritable melting-pot où 11 nationalités sont représentées. Petit pays de 8 millions d’habitants, la Suisse possède un vivier diversifié et a décidé de faire de ce métissage une force. Terre d’accueil, notamment dans les années 90, le pays à la croix blanche a su intégrer les réfugiés des Balkans qui fuyaient la guerre en Yougoslavie. Aujourd’hui, la Nati en a fait sa clé de voûte.

 « La décision de jouer pour la Suisse a été finalement simple: la Suisse a changé ma vie, ainsi que celle de toute ma famille. Ce choix était logique » racontait, dans La Tribune de Genève, il y a quelques années, Valon Behrami natif du Kosovo. Ce choix n’a pas été simple pour tous. Granit Xhaka a vécu comme un déchirement le fait de ne pas pouvoir jouer avec le Kosovo. « Ça a été la décision la plus difficile de ma vie, même si, d’un point de vue légal, je n’avais pas le choix. Les Suisses ont fait beaucoup pour nos compatriotes. C’est à mon tour de leur apporter quelque chose » avait écrit Xhaka dans une lettre ouverte en 2016.

Suisse

D’autres à l’inverse, comme Ivan Rakitic, né en Suisse, ont choisi leur pays d’origine. Pour éviter de voir partir leur pépite qu’ils ont formé, la fédération suisse fait désormais tout pour chouchouter ces binationaux. « Nous pensons, à l’ASF, qu’un jeune accueilli en Suisse, formé en Suisse et qui a le potentiel de jouer pour l’équipe de Suisse fera ce choix-là » explique Laurent Prince, directeur technique de l’Association Suisse de Football. Une politique payante. Aujourd’hui, la spirale est positive. La Nati est devenue de plus en plus compétitive et donc attractive.

Riche de cette mixité, la Suisse est actuellement l’une des meilleures nations européennes (6ème au classement FIFA). Absente de la scène internationale entre 1970 et 1994, la Nati est monté peu à peu en puissance ces vingt dernières années. Elle reste d’ailleurs sur deux qualifications en huitièmes de finale de la Coupe du Monde lors des trois dernières éditions. Les Helvètes avaient flirté avec un exploit en 2014 face à l’Argentine (élimination en prolongation). En Russie, ils sont en passe de rééditer la performance en s’extirpant de leur poule relevée (Brésil, Serbie, Costa Rica). Pour ça, les Suisses devront réaliser au moins un nul face au Costa Rica (20h sur beIN SPORTS 2). Histoire de s’installer encore un peu plus dans le paysage mondial et ainsi définitivement convaincre les générations futures de choisir la Suisse.

Suisse

 

* Mvogo (Cameroun) Moubandje (Cameroun) Akanji (Nigeria) Ricardo Rodriguez (Espagne-Chili) Djourou (Côte d’Ivoire) Xhaka (Albanie) Behrami (Albanie) Dzemaili (Macedoine) Fernandes (Cap Vert) Zakaria (Congolais) Shaqiri (Albanie) Embolo (Cameroun) Seferovic (Bosnie) Gavranovic (Croatie) Drmic (Croatie)