Coupe du Monde 2018 / Suisse - Suède : Akanji, le joyau suisse

Reuters

Au pays de la joaillerie, Manuel Akanji est un bijou inestimable. Il est surtout l’un des meilleurs joueurs suisses depuis le début de la Coupe du Monde. Il est également l’un des meilleurs défenseurs de la compétition et aussi l’une des plus belles révélations. Bref, en trois matchs, le défenseur axial de 22 ans a mis tout le monde d’accord. Surtout, il s’est fait un nom auprès du grand public qui ne le connaissait pas. Comment pouvait-il en être autrement après sa prestation titanesque face au Brésil ? Ce joli gaillard d’1m86 pour 85 kg a anesthésié la force de frappe brésilienne.

Demandez au pauvre Gabriel Jesus qui a perdu 100 % de ses duels face au mur Akanji. « J'ai été bon soixante-quinze minutes, c'est tout. À la fin, j'ai fait deux ou trois erreurs que je n'aurais jamais dû faire. Je le sais », réagissait en fin de match un Akanji loin d’avoir attrapé la grosse tête. Une réaction pas étonnante lorsqu’on apprend à connaître le personnage. A 22 ans, Akanji dégage une maturité impressionnante. Et son histoire est aussi belle que fulgurante…

Avant d’être l’une des révélations de ce Mondial, le Suisse d’origine nigériane a connu un parcours sinueux. Pas de centre de formation mais des débuts quelconques dans le club de Winterthour en deuxième division suisse. « Junior, j’étais moyen, déclarait-il dans un entretien accordé à Blick. Je jouais pour le plaisir et je n’avais aucun plan. Puis, à 17 ans, j’ai eu une poussée de croissance qui a boosté mes performances. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience de mon potentiel. » C’est à ce moment-là aussi que le FC Bâle met la main sur le joueur en 2015.

A partir de là, tout s’accélère pour le jeune Akanji. Une performance remarquée face à Manchester United en Ligue des Champions et trois trophées avec le FC Bâle ont éveillé la curiosité des clubs européens. C’est finalement Dortmund qui rafle la mise en janvier dernier, signant un chèque de 25 M€ ! Le club de la Ruhr a flairé la bonne affaire bien que le joueur sortait de 9 mois d’indisponibilité en raison d’une rupture des ligaments croisés. 

Pour ne pas oublier ce premier épisode douloureux, Akanji se tatoue sur l’avant-bras : « Prove them wrong ». Il ne lui a fallu que quelques mois après sa blessure pour leur « prouver qu’ils ont tort ». Le 9 juin 2017, Akanji fait ses grands débuts avec la Suisse contre les Iles Féroé en éliminatoires. Il rend une copie parfaite et s’installe petit à petit dans le onze de Petkovic au détriment de Johan Djourou. « Sincèrement, avec Manuel, je n’avais pas l’impression d’avoir devant moi un jeune joueur. Il a joué tout en contrôle comme s’il avait l’expérience d’un défenseur de trente ans », déclarait après le match le gardien suisse, Yann Sommer.

Celui qui a longtemps hésité entre tennis, football et athlétisme plus jeune, est aujourd’hui indéboulonnable aux côtés du plus expérimenté, Fabian Schär. Ce soir face à la Suède, Akanji aura l’occasion d’écrire un peu plus son histoire. De l’anonymat de la deuxième division suisse à un quart de finale de Coupe du Monde : voilà de quoi rêve la nouvelle star suisse. 

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