Coupe du Monde 2018 : Behrami, le grand suisse

Panoramic

Valon Behrami traverse les époques sans vraiment se démoder. Depuis ses débuts dans le football en 2002, l’international suisse a connu des périodes différentes. D’abord érigé comme un futur crack, le natif de Kosovska Mitrovica (ex-Yougoslavie) est rentré dans le rang. Au fil de sa carrière, Behrami a donc changé tout en adaptant son jeu. Fougueux et provocateur, le Suisse s’est progressivement assagi pour devenir un joueur de l’ombre, repositionné plus bas sur le terrain. Beaucoup de changements qui n’ont pas altéré d’un iota son importance au sein de la Nati.  Celui qui s’approche des 100 sélections est un mastodonte en équipe nationale. Il est d’ailleurs le seul joueur à disputer quatre Coupes du Monde ! (2006, 2010, 2014, 2018). Les sélectionneurs se succèdent, Behrami, lui, est indéboulonnable. Mieux, comme le bon vin, il se bonifie avec l’âge. Son dernier match face au Brésil en est la meilleure preuve. Une prestation incroyable durant laquelle son intelligence sa tactique, sa hargne et sa qualité de passe ont grandement permis à la Suisse de décrocher un point…

Il suffit d’ailleurs de jeter un œil sur le compte Instagram du joueur. Au milieu des messages d’encouragements et félicitations, un flot d’insultes venues tout droit du… Brésil. Au total, 140 000 commentaires en dessous d’une simple photo le montrant avec le maillot suisse. Behrami les a semble-t-il frustrés. Supporters mais pas que. Car sur le terrain, les joueurs brésiliens, et en particulier Neymar, ont trinqué. Le milieu passé par la Lazio Rome ou encore Naples ne les a pas laissés respirer, exerçant en permanence un pressing étouffant. Une telle débauche d’énergie qui a fini par l’amoindrir physiquement, l’intéressé laissant sa place à Zakaria à l’entrée du dernier quart d’heure. « Valon se connaît parfaitement. Il a une immense expérience. Nous ne pouvons que nous montrer optimistes », a déclaré Antonio Manicone, l’adjoint du sélectionneur Vladimir Petkovic. 

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Face à la Serbie ce soir, Behrami ne sera pas de trop. Une rencontre particulière pour ce joueur né dans les Balkans. Sa ville natale Kosovska Mitrovica est d’ailleurs au cœur d’un conflit entre le Kosovo, la Serbie et l’Albanie. Il n’en fallait pas plus pour que les médias serbes électrifient la rencontre du soir, parlant même d’un match aux allures de guerre. Un début de polémique qu’a voulu éteindre Behrami dans un entretien accordé à l’édition suisse de 20 Minutes. « Le premier match de ma carrière contre l'Albanie était compliqué du point de vue émotionnel, je ne le cache pas. La Serbie, pour moi, c'est un adversaire normal. Ceux qui disent que le football est une guerre, vous savez... C'est du show, rien d'autre. Il ne se passera rien. Nous sommes des joueurs de football et aussi des exemples pour les enfants. Quelle image je donne si j'entre sur le terrain surmotivé en disant que je dois tout donner, que je dois avoir l'instinct du tueur ? » S’il ne le dit pas, gageons tout de même que Behrami donnera tout sur le terrain pour sa patrie. La Suisse…