Gobert était immense

FIBA

Il avait été déjà été immense, il y a cinq ans, face aux frères Gasol, lorsque les Bleus avaient été battre l'Espagne en Espagne lors de la Coupe du monde 2014. Rudy Gobert a de nouveau signé un match monumental face aux Etats-Unis (89-79), ce mercredi, toujours en quarts de finale de la Coupe du monde. Le pivot du Utah Jazz a été, de loin, le meilleur joueur de la rencontre. Présent et agressif en attaque (26 points, 10 fautes provoquées), dominateur sous le cercle (16 rebonds, dont 7 offensifs), l'ancien Choletais a été énorme en défense, avec deux contres décisifs sur les meilleurs attaquants américains, Kemba Walker et Donovan Mitchell, dans une fin de match où les Bleus n'ont concédé que 5 points en 7 minutes.

Une statistique résume l'impact incroyable de Gobert: le +/-, le comparatif des points marqués quand le joueur est sur le parquet. Avec Gobert sur le terrain, les Bleus affichent un ratio ultra-positif (+26). Sans lui, et il n'est sorti que 6 minutes, les hommes de Vincent Collet ont donc accusé un déficit de 16 points.

La réponse à Myles Turner

Il faut dire que Gobert avait une revanche à prendre. Il y a deux jours, alors que les Bleus avaient encaissé 100 points contre l'Australie, le géant tricolore était passé à côté de son sujet (8 points et 4 rebonds en 31 minutes), gêné par les intérieurs adverses (Aron Baynes notamment), et même chambré par son coéquipier en NBA Joe Ingles. Gobert, qui est un joueur qui fonctionne à l'orgueil (souvenez-vous de sa réaction lorsqu'il a appris qu'il n'était pas sélectionné pour le dernier All-Star Game), ne pouvait passer à côté de son sujet deux soirs de suite. Surtout qu'entre-temps, le pivot américain Myles Turner a eu la mauvaise idée de le provoquer, en disant que le Français était le meilleur défenseur de la NBA "selon certains". Donc pas selon lui.

Sur le terrain, Gobert a répondu à Turner. Plombé par ses problèmes de fautes, le joueur des Indiana Pacers n'a joué que 10 petites minutes, pour des statistiques misérables: 2 points, 1 rebond et 1 contre. Les difficultés de Turner (meilleur contreur de la dernière saison NBA, tout de même) ont obligé Gregg Popovich et son staff à jouer très petit, sans pivot de métier. Et Gobert s'est régalé.

"A la fin de ma carrière, je pense que ce sera définitivement un match dont je me souviendrai", a réagi le héros du jour sur Canal+. Mais Gobert, fidèle à ses déclarations d'avant-tournoi, où il n'avait pas hésité à afficher des ambitions très élevées pour les Bleus (la médaille d'or, rien de moins), ne compte pas s'arrêter là. "L’objectif, ce n’est pas de battre les Etats-Unis, c’est de gagner la Coupe du monde", a-t-il rappelé.