GP de France : Au prix d'une stratégie osée, Verstappen devance Hamilton



C’est ce qu’on peut appeler la réponse du berger à la bergère ! Un mois et demi après la leçon de stratégie offerte par Mercedes à Red Bull Racing à l’occasion du Grand Prix d’Espagne, l’écurie autrichienne a démontré qu’elle pouvait également jouer cette carte à l’occasion d’un Grand Prix de France indécis jusqu’au bout. Un coup tactique sous la forme d’un deuxième arrêt à 21 tours de l’arrivée pour Max Verstappen dont l’issue a longtemps été incertaine. Une course disputée sur le Circuit Paul-Ricard du Castellet qui avait pourtant bien mal démarré pour le leader du championnat du monde. Parti de la pole position, le Néerlandais a manqué son freinage au premier virage et a dû court-circuiter le deuxième. En conséquence, Lewis Hamilton a pu s’installer sans forcer son talent à la première position et mener grand train. Toutefois, très rapidement, la question de l’usure des pneumatiques Pirelli s’est posée. Tous les pilotes ou presque se sont plaint à la radio d’usure rapide ou de surchauffe sur un circuit lavé par la pluie tombée plus tôt dans la journée, qui a notamment perturbé le déroulement de la course de Formule 3 programmée dans la matinée de ce dimanche. Ce souci a notamment coûté trois places à Fernando Alonso face à Daniel Ricciardo, Lando Norris puis Sebastian Vettel. Le premier à passer par les stands a été Charles Leclerc dès le 15eme tour, signe que la Ferrari n’était pas à l’aise dans ces conditions.


Un pari osé pour Verstappen


C’est à l’entame du 19eme tour que Max Verstappen a lancé le jeu stratégique pour la première place. Si Valtteri Bottas a répondu le tour suivant, Lewis Hamilton a attendu deux tours pour chausser à son tour des pneus durs pour tenter d’aller au bout des 53 tours. A la sortie de la ligne des stands, le Britannique a vu Max Verstappen plonger au premier virage et lui reprendre la première position, qu’il avait abandonnée au premier tour. La stratégie dite de l’« undercut », s’arrêter avant pour reprendre du terrain au bénéfice des pneus neufs, a parfaitement fonctionné pour Red Bull Racing, qui a également laissé Sergio Pérez le plus longtemps en piste, ce qui s’est avéré payant en toute fin de course. A partir de là, Lewis Hamilton s’est évertué à mettre une pression maximale sur Max Verstappen pour le contraindre à attaquer et, donc à accélérer l’usure de ses pneus durs. Repassé en tête au 25eme tour, à la suite de l’arrêt de son coéquipier, le Néerlandais s’est posé la question de savoir s’il pourrait tenir jusqu’au bout du Grand Prix sur ce train de gommes. Et c’est à l’entame du 33eme tour que Red Bull Racing a fait un véritable pari tactique. Leader du Grand Prix avec trois secondes d’avance, Max Verstappen a surpris tout le monde en plongeant dans les stands pour aborder les 21 derniers tours avec des pneus medium. Ressorti quatrième et à quasiment 20 secondes du nouveau leader de la course, le Néerlandais avait une marge de manœuvre limitée pour tenter d’arracher la victoire.


Hamilton a résisté jusqu’au bout… en vain


Comme pour rassurer son équipe et déstabiliser le clan Red Bull Racing, Lewis Hamilton a immédiatement assuré par la radio que ses pneus allaient bien. Pendant ce temps, Max Verstappen a vu Sergio Pérez lui céder sans opposer la moindre résistance la troisième place au 36eme tour. Dès lors, Max Verstappen a réduit progressivement l’écart avec Valtteri Bottas pour finalement le doubler aux forceps dans le virage de Signes à dix tours de l’arrivée. Ayant repris jusqu’à deux secondes au tour sur Lewis Hamilton, le Néerlandais a vu l’écart de performance se réduire progressivement, au fil de la dégradation de ses pneus et du trafic qui a handicapé sa progression. De son côté, le Britannique a été toujours plus en difficulté avec ses gommes à la limite de la rupture. C’est dans les cinq derniers tours que Max Verstappen a pu réduire l’écart avant que la première attaque ne s’avère la bonne. Revenu sous la seconde à trois tours de l’arrivée, c’est dans l’avant-dernière boucle que le pilote Red Bull Racing a bonifié le pari de son équipe, profitant du DRS pour reprendre la première position puis s’envoler vers sa quatrième victoire de la saison. Pour la troisième place, l’arrêt tardif de Sergio Pérez a été la clé puisque le Mexicain a débordé Valtteri Bottas à cinq tours du drapeau à damier. Derrière les deux Red Bull Racing et les deux Mercedes, c’est un véritable gouffre qui s’est creusé au fil des 53 tours.


McLaren relève la tête, Gasly assure, Ocon loin du compte


En effet, c’est à plus d’une minute que Lando Norris prend la cinquième place au terme d’une course qui a souri aux McLaren. En effet, Daniel Ricciardo est allé chercher la sixième place devant Pierre Gasly. Le pilote AlphaTauri a certes perdu une position par rapport au départ, mais il a réalisé une prestation de haut niveau pour résister dans les derniers tours à la pression imposée par Fernando Alonso. En difficulté lors des qualifications, Aston Martin a également mis à profit une stratégie décalée. Partis en pneus durs avant de passer aux medium pour Sebastian Vettel et aux tendres pour Lance Stroll, les deux pilotes de l’écurie basée à Silverstone ont su remonter dans les points, respectivement à la 9eme et à la 10eme place. Une performance qui tranche avec celle de Ferrari. Assez fringants lors des qualifications, Carlos Sainz Jr et Charles Leclerc ont baissé pavillon en course avec de peu reluisantes 11eme et 16eme place, le Monégasques étant même contraint de faire un deuxième arrêt en fin de course pour espérer voir l’arrivée. Esteban Ocon n’a pas connu la même réussite que les Aston Martin malgré une stratégie similaire. Un premier relais long et en pneus durs ne lui a pas permis de remonter dans la hiérarchie pour une 14eme place finale, loin de son coéquipier. Avec cette victoire et le point du meilleur tour en course (1’36’’404), Max Verstappen creuse l’écart au championnat sur Lewis Hamilton, qui compte désormais douze points de retard. Red Bull Racing profite également de l’occasion pour confirmer son ascendant sur Mercedes au classement constructeurs avant deux courses sur ses terres lors des deux prochains week-ends.

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