F1 : A Singapour, Verstappen vise une deuxième couronne

Reuters

Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas: loin de la bataille épique de 2021, 2022 a fait place à une domination totale de Max Verstappen (Red Bull), déjà en passe d'être à nouveau titré champion du monde de Formule 1 à Singapour. A six courses de la fin du championnat, l'identité du futur couronné ne fait guère de doute. Victorieux onze fois sur 16, Verstappen compte 116 points d'avance sur Charles Leclerc (Ferrari) et 125 sur Sergio Pérez (Red Bull), son équipier. Reste à connaître le lieu du sacre. Avec sa course nocturne, son circuit urbain intraitable et ses conditions physiques extrêmes, Singapour et ses gratte-ciels offriraient un cadre spectaculaire pour un nouveau couronnement. 

Si Verstappen s'impose à Marina Bay, où il n'a encore jamais gagné, et que dans le même temps Leclerc termine au mieux neuvième et Pérez quatrième (sans obtenir le point du meilleur tour), alors il serait titré une deuxième fois d'affilée. Mais le Néerlandais "ne pense pas vraiment au championnat". Il préfère "prendre course après course" car, rappelle-t-il, "il n'y a pas d'urgence". Pas d'urgence, c'est un euphémisme, tant le Néerlandais est confortablement leader. S'il ne concrétise pas cette première balle de titre dans la cité-Etat, il pourrait mettre un terme définitif au faux suspense au Japon dès la semaine prochaine... Pas sûr que la pression submergera le pilote, qui fête ses 25 ans vendredi, en cette quinzaine asiatique.

Singapour "de retour aux affaires"

Singapour est en tout cas fin prête à retrouver la catégorie reine du sport automobile, qui revient en Asie après deux saisons d'absence pour cause de pandémie de Covid-19. Organiser cette 13e édition "montre au monde que Singapour est de retour aux affaires et que notre capacité à organiser des événements de classe mondiale et de haute qualité reste intacte", a déclaré à l'AFP Ong Ling Lee, directrice du pôle sport au Singapore Tourism Board (STB). Les autorités n'ont pas publié de chiffres, mais les ventes de billets pour le plus grand événement à Singapour depuis la pandémie auraient déjà dépassé celles de 2019 (268.000 spectateurs), a indiqué Mme Ong.

Pour les pilotes, revenir à Singapour signifie retrouver un Grand Prix des plus exigeants, en raison avant tout du climat tropical. Dans la fournaise, coupé du vent par les buildings alentours, le tracé cadencé par 23 virages et de courtes lignes droites offre peu de répit aux pilotes pour qui, cerise sur le gâteau, la visibilité est réduite par le départ en nocturne. "L'humidité y est éprouvante pour le corps et il est très difficile de faire un tour parfait à cause des virages serrés et de la proximité des murs", retrace Verstappen, qui n'oublie pas "les nombreuses voitures de sécurité" qui ont rythmé chacune des douze courses à Singapour depuis 2008.

"Impitoyable"

C'est "l'une des courses les plus difficiles" pour Lance Stroll (Aston Martin), "un circuit urbain compliqué où vous n'avez pas le droit à l'erreur" selon Pierre Gasly (AlphaTauri). "Le circuit est serré et sinueux, ajoutez-y la chaleur et l'humidité, et vous comprenez pourquoi il met à rude épreuve tant la voiture que le pilote", souligne Esteban Ocon (Alpine). Ces derniers jours, on a vu fleurir sur les comptes Instagram des vingt athlètes les exercices de préparation pour l'étuve singapourienne, où ils s'allégeront de quelques kilos dimanche. Notamment un Valtteri Bottas (Alfa Roméo) taquin qui, nu dans son sauna à 100°C, lance dans une vidéo pour ses adversaires : "préparation à Singapour pour certains, rituel quotidien pour nous Finlandais !".

Singapour est "totalement impitoyable, avec des virages qui n'en finissent pas et des sections incroyablement rapides", souligne Sebastian Vettel (Aston Martin), recordman des victoires avec cinq succès et dernier vainqueur en 2019. En 2008, c'est Fernando Alonso (Alpine) qui avait le premier gagné ici. Un épisode entaché de tricherie - le "Crashgate" - qui avait terni l'image de Renault et de son directeur Flavio Briatore.  Dimanche, l'Espagnol double champion (2005-2006), toujours-là à 41 ans, établira un nouveau record avec son 351e Grand Prix, dépassant le Finlandais Kimi Raikkonen.


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