Les Bleues n'étaient pas armées

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Il fallait y croire, et nul doute qu’elles y croyaient. Après trois finales perdues consécutivement, les Bleues espéraient enfin pouvoir rafler l’or lors d’un Euro, ce qui n'est plus arrivé depuis 2009. Et le métal jaune aurait sans doute été encore plus brillant après avoir fait mordre la poussière à l’Espagne, déjà tombeuse des Françaises lors des éditions 2013 et 2017.

Mais dès l’entame de la rencontre, les tenantes du titre ont réussi à faire passer un message limpide à celles qui convoitaient leur couronne: il allait falloir se montrer à la hauteur. Ce qui n’a pas été le cas (86-66). A la mi-temps, le score était déjà sans appel, 50-36, symbole d’une vraie domination adverse face à des Tricolores dépassées. Marta Xargay avait démarré pied au plancher pour calmer les ardeurs de la France, avec un 3/3 aux tirs primés qui allait donner le ton. Après moins de 4 minutes de jeu, l’Espagne shootait à 88% de réussite, contre seulement 36% pour Sandrine Gruda et ses coéquipières.

Du jamais-vu depuis 1991 pour l'Espagne

Ajouter à cela des errements défensifs, un manque de présence au rebond, et 10 pertes de balle qui ont amené directement 14 points à l’Espagne, et le tableau des deux premiers quarts était dressé. Au retour des vestiaires, les Bleues se font plus mordantes, mais les championnes d’Europe en titre n’abandonnent pas un pouce de terrain et maintiennent l’écart (20-20 sur le troisième quart-temps). "On a pris 20 points sur le repli et les rebonds, on ne peut pas espérer gagner comme ça", notait la sélectionneure Valérie Garnier sur les antennes de Canal + à la mi-temps. Malgré la reconcentration de ses troupes, ça n’a pas suffi à contrecarrer les plans de Lucas Mondelo et ses joueuses, redoutables dans tous les secteurs de jeu.

Quand les Tricolores reculaient la ligne de défense, elles étaient sanctionnées de loin, et quand le marquage était plus serré, Valériane Ayayi et consorts étaient prises de vitesse. L’équipe de France s’offre donc une nouvelle breloque en argent lors d’un Euro, la quatrième de rang, qui met en avant une vraie régularité au plus haut niveau, mais aussi des lacunes difficiles à combler pour atteindre l’excellence. On en oublierait presque le petit exploit accompli par l'Espagne pour l'occasion, première nation à conserver son titre après le règne de l'URSS entre 1960 et 1991.