"J'aimerais qu'on grandisse rapidement"

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Ce devait être presqu’une formalité. Deux victoires lors de cette double confrontation face au Portugal et la qualification des Bleus pour la phase finale de l’Euro 2020 serait en poche. Au lieu de quoi, l’équipe de France est tombée de très haut jeudi, à Guimaraes, où les médaillés de bronze du dernier Mondial ont subi de plein fouet (33-27), sans jamais donner l’impression de pouvoir réagir, la fougue d’une équipe portugaise qui ne pouvait pas rêver meilleure performance pour marquer son grand retour sur le devant de la scène européenne (*).

Et voilà les joueurs de Didier Dinart dans l’obligation de réagir dès dimanche, au Rhénus de Strasbourg (17h30), face à ces mêmes Lusitaniens, et condamnés à devoir batailler lors des 5e et 6e tours de ces qualifications de l’Euro 2020 en juin prochain. Comme une nation lambda.

Dinart assume ses responsabilités

Car il y a cette désagréable impression que la France, après des années de règne sans partage, est cette fois retombée sur terre pour de bon. Son sélectionneur ne cherchait pas d’excuse après une telle gifle, si ce n’est que son équipe ne possède plus la marge qui était la sienne il y a peu encore sur ses adversaires.

"Les semaines internationales sont courtes, concédait seulement Dinart dans un début de mea-culpa. Comme si lui-même touchait à son tour du doigt cette nouvelle réalité. Il aurait fallu être plus concis et travailler plus précisément cette semaine. Aujourd’hui l’équipe du Portugal a su prendre notre mesure et mettre en lumière nos lacunes." Elles furent criantes lors de cette douloureuse déroute. Et l’ancien roc de la défense française de prendre sa part de responsabilités, plutôt que d’accabler cette fameuse relève qui ne parvient pour l’instant pas à assumer l’héritage des aînés…

"Nous avons des imperfections dont il faudra tirer des enseignements, au niveau du coaching et dans la façon de préparer les matches. Je préfère penser que c’est dans mon sens, dans la façon de gérer le collectif et l’approche tactique. Les joueurs sont certes les premiers acteurs, mais l’identité et le ton d’une équipe dépendent souvent de son entraîneur."

"J’aimerais qu’on arrête de parler et qu’on grandisse rapidement."

Valentin Porte​​​​​​​

Cadre de cette équipe de France en souffrance, le double champion du monde et champion d’Europe Valentin Porte, fidèle à ses habitudes, sait assumer ses responsabilités. Et son analyse de la situation ne manque pas de lucidité : "Le bilan est le même depuis un moment, constate le Montpelliérain. Tant qu’on n’a pas compris que lorsqu’on se déplace chez des adversaires censés moins forts, je pense à la Roumanie, à la Lituanie et à la Belgique, nous avons toujours lutté et parfois même nous nous sommes fait peur. Mais ce soir (jeudi) face au Portugal, qui a de grosses qualités, on a été surpassés. 6 buts d’écart, c’est juste une leçon. Je n’ai pas d’explications. J’ai l’impression qu’on recule d’un pas à chaque fois et ça fait mal. J’aimerais qu’on arrête de parler et qu’on grandisse rapidement." Pour cesser d’être dans la réaction : "Non, dimanche il ne faudra pas répondre. Il n’est pas question de sursaut d’orgueil. Il faudra agir et ne pas se faire surprendre."
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(*) Le Portugal n’a plus participé à une compétition majeure depuis l’Euro 2006.