L’Islande veut poursuivre son rêve

Reuters

"On est qualifiés pour les huitièmes. Si on nous avait dit ça avant la phase de groupes, on n'y aurait jamais cru. Mais c'est une belle histoire qu'on veut continuer à écrire. On ne veut pas faire nos valises." Gylfi Sigurdsson a très bien résumé l’état d’esprit de l’Islande avant de jouer son huitième de finale historique face à l’Angleterre lundi soir à Nice (21 heures). L’attaquant de 26 ans et ses coéquipiers vivent en effet un rêve éveillé depuis le début de la compétition, et encore plus depuis leur qualification mercredi en terminant deuxième du groupe F. Le tout couronné d’une dernière victoire face à l’Autriche (2-1) au Stade de France grâce à un but dans les dernières secondes ! Mais l’histoire serait encore plus belle en cas de succès contre les Three Lions.

Car pour les Islandais, qui participent à leur première compétition majeure, l’exploit est déjà énorme. Et Heimir Hallgrímsson, le co-sélectionneur de cette sélection, le sait bien. "Quoiqu’il arrive, nos joueurs ont déjà gagné, ils ont conquis le cœur de tous les supporters islandais avec ce qu’ils ont montré. Mais si nous battons l’Angleterre, nos vies vont changer, leurs vies vont changer, toute la manière dont on envisage le foot dans notre pays va changer, a expliqué le dentiste lorsqu’il n’est pas sur un banc de touche. Dans la vie, il faut toujours être prêt à saisir sa chance, et c’est sans doute la plus belle chance qu’on ait jamais eu."

"Réduire au silence" Wayne Rooney et ses coéquipiers

Justement, face à l’équipe qu’ils supportent habituellement que ce soit à l’Euro ou lors d’une Coupe du monde, les Islandais n'auront aucune pitié. "Ils n’ont pas encore joué leur meilleur football mais ils sont encore là, ce qui montre la force de leur effectif. Ils ont de très bons joueurs, des attaquants qui marquent beaucoup et des joueurs d’expérience. Ça va être un gros match mais on va essayer de les réduire au silence", a lâché Gylfi Sigurdsson, l’avant-centre qui joue à Swansea City, en Premier League.

En cas de victoire, l’Islande prendrait enfin le dessus sur l’Angleterre. Car tout le monde se souvient bien de la dernière confrontation face à la sélection anglaise. Une victoire 6-1 en amical en juin 2004 de Wayne Rooney, auteur d’un doublé, et ses coéquipiers. Mais pas question de se présenter sur la pelouse niçoise avec une quelconque pression. "J'ai déjà joué contre l'Espagne. Et quand je joue, je n'admire plus personne, j'essaie juste de les battre, a expliqué Ragnar Sigurdsson, le défenseur central. Bien sûr, quand vous regardez à la télévision un joueur comme Iniesta, vous appréciez de voir son talent, mais si je l'affronte, je m'en moque." Le numéro 6 islandais et ses coéquipiers vont avoir 90 minutes, ou plus, pour tenter de refroidir l’Angleterre. Pour, éventuellement, entrer encore un peu plus dans l'histoire.


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