L'Espagne a encore du travail

Reuters

"Les Italiens ne peuvent pas nous battre, mais nous pouvons tout à fait perdre contre eux." En ce triste 24 mars 2016, jour du décès de Johan Cruyff, les Espagnols se sont sans doute souvenus de l’un des "Cruyffismes" les plus célèbres prononcés par le "Hollandais volant", avant d’affronter la Squadra Azzura, à Udine. Dans une Dacia Arena à guichets fermés, l’Italie a effectivement posé de gros problèmes à l’Espagne et aurait mérité de s’imposer face aux doubles champions d’Europe en titre. Mais pourtant, comme l'avait prévu Cruyff, les Espagnols sont parvenus à revenir, certes complètement contre le cours du jeu.

Positionnés dans un audacieux 3-4-3 par Antonio Conte, les Italiens dominent complètement la première période face à des Espagnols perdus sur la pelouse face au système transalpin. Candreva allume la première mèche de loin, mais David De Gea, préféré à Iker Casillas, détourne bien (16e). La domination de la Squadra Azzura est stérile et l’équipe italienne rentre aux vestiaires bredouille, mais avec le mérite d’avoir complètement éteint la Furia  Roja, qui n’a pas frappé la moindre fois durant les 45 premières minutes. L’entrée de Lorenzo Insigne en deuxième période va mettre le feu aux poudres côté italien.

L’ailier napolitain, intenable et à l’origine de plusieurs occasions, finit par débloquer la situation d’un tacle rageur, bien servi par Emanuele Giaccherini (1-0, 68e). Complètement dominés, les joueurs de Vicente Del Bosque vont pourtant revenir en deux minutes, contre le cours du jeu. Sur un coup franc lointain, Alvaro Morata, pourtant en position de hors-jeu, oblige Gianluigi Buffon à réaliser une parade et à repousser le ballon dans les pieds d’Aritz Aduriz (1-1, 70e). Malheureusement, comme souvent dans ces matches amicaux, le rythme baisse après la valse des changements des deux sélectionneurs, qui auront pourtant des enseignements à tirer de ce match amical, plus ou moins positifs. Vicente Del Bosque, bousculé comme ses joueurs sur la pelouse, peut par exemple se faire du souci pour sa sélection, bien loin d'être à son niveau habituel à deux mois et demi du coup d'envoi de l'Euro.


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