La plus faible Italie des 30 dernières années ?

Panoramic

L’histoire de la Squadra Azzura a toujours été marquée de l’empreinte de grands joueurs. Si la majorité de ces glorieux anciens était liée au secteur défensif, il serait injuste d’oublier les fameux « Fuoriclasse » reliés eux, au secteur offensif. Pendant des décennies, l’alchimie attaque/défense a fonctionné à merveille. Seul problème, ces époques sont révolues. La conséquence ? L’Italie est confrontée à une certaine disette en termes de joueurs de qualité.

Si la défense n’inspire pas d’inquiétudes particulières, c’est surtout lié aux présences de Buffon, Bonucci, Chiellini et Barzagli. En gros, la base défensive de la Juventus Turin. Hormis Bonucci qui n’a que 27 ans, les autres sont des trentenaires aguerris plus proche du crépuscule de leur œuvre que du commencement. En fonction du schéma de jeu utilisé par le sélectionneur, les latéraux auront un rôle très important à jouer. Florenzi à droite et Darmian à gauche sont de bons latéraux dans la fleur de l’âge. Seul bémol les concernant, une relative inexpérience internationale des grands rendez-vous.

Le secteur qui pose question est celui du milieu de terrain. En subissant deux forfaits aussi importants que celui de Marchisio et Verratti, l’équilibre de la sélection italienne s’en retrouve totalement chamboulé. Afin de pallier ces deux manques, Antonio Conte a décidé de choisir un autre glorieux ancien, Daniele De Rossi, et Marco Parolo qui ressemble plus à un joueur de devoir qu’à un vrai talent pur. Ajoutez à cela un Thiago Motta plus vieillissant qu’expérimenté et un Emmanuelle Giacherrini qui n’a jamais déçu en sélection malgré un niveau intrinsèque moyen. Pour faire simple, il y a de la qualité mais cela ne déborde pas comme au temps des Gattuso, Pirlo, Albertini etc…

Traditionnellement, l’Italie compte toujours dans ses rangs au moins un vrai numéro 10 et au moins un attaquant de niveau international. Mais ce temps est révolu. Désormais, le seul meneur de jeu n’est pas un 10 de formation. En effet, Lorenzo Insigne a davantage un profil de joueur de côté. Si on vient à tenter un parallèle avec les Totti, Del Piero, Baggio, Zola, on risque l’AVC. C’est dire… Autre sujet de discorde, l’attaquant de pointe. Cette année le titulaire n’a marqué que 7 petits buts en championnat. Les autres font à peine mieux (9 buts pour Eder, 6 pour Zaza, et 3 pour Immobile). On n’essaye pas la comparaison avec Vieri, Inzaghi, Toni voire même Toto Schillacci…

Malgré ce résumé peu optimiste, il subsiste un motif d’espoir. Une compétition ne se gagne pas avec uniquement du talent. Lorsqu’ils ne sont pas attendus dans la catégorie « Favoris », les italiens sont redoutablement dangereux. En 1982, lors de son troisième sacre mondial, le pays était gangrené par le scandale « TotoNero ». Personne ne misait le moindre centime sur une possible victoire finale. Pourtant, c’est bien Dino Zoff qui soulevait le trophée en finale. L’édition de 2006 peut être mise dans le même panier. Scandale et statut lambda, pour une victoire au bout.

On vient de le voir, l’Italie est dangereuse quand elle n’est pas attendue. Cela sera-t-il suffisant pour déjouer l’ensemble des pronostics ? On en doute fortement. Pourtant, avec l’envie on peut renverser des montagnes. Dans une compétition où aucune équipe ne fait figure de favori incontestable, même l’Italie la plus faible des 30 dernières années peut aller au bout. Une répétition de 1982 et 2006 ? Rien n’est moins sûr…

@jajaye


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