Katoto : "Je ne vais pas m'inventer des rôles"

Reuters

En avril, vous aviez confié ne "pas trop" prêter attention à vos statistiques, sauf peut-être "en fin de saison". Avant la préparation à l'Euro, vous aviez inscrit 46 buts, avec le PSG et les Bleus. Qu'en dites-vous ?

C'est une bonne stat', mais la saison n'est pas réellement finie.

C'est un rythme de Ballon d'or, vous y pensez ?

Non, je ne pense pas. Il y a eu de meilleures joueuses cette saison. J'espère faire mieux que la saison passée. Il y eu des grandes équipes en finale de Ligue des champions (remportée par Lyon devant Barcelone), des grandes joueuses.

A qui pensez-vous en particulier ?

Il y a Wendie (Renard), Putellas (l'Espagnole s'est blessée entre temps et a dû déclarer forfait pour l'Euro, ndlr), Hegerberg... qui ont fait une très grande saison. Je pense qu'elles sont favorites. Ca va peut-être se jouer aussi sur l'Euro, mais je n'aurai qu'une envie: que la France aille le plus loin possible.

Qu'est-ce qui vous manque pour être assise à la table de ces filles-là ?

Ce sont des championnes, de grandes joueuses, elles ont gagné énormément de titres, elles ont marqué beaucoup de buts. Moi je suis encore jeune, j'ai le temps, je vais continuer de progresser petit à petit.

L'Euro sera votre première grande compétition avec l'équipe de France, que ressentez-vous: de l'excitation, de l'impatience, un peu de pression ?

"Non, pour l'instant je suis tranquille, on se prépare bien. Il faut se retrouver physiquement, techniquement, tactiquement. Ensuite on rentrera tranquillement dans la compétition.

Quelle pression est la plus forte: celle de l'extérieur, celle de vos proches, celle que vous vous infligez ?

"Aucune des trois, franchement. Mes proches savent comment je suis. L'extérieur ? Déjà, depuis que je suis entrée dans la préparation mon téléphone et moi on ne se calcule pas beaucoup. J'ai vraiment pas trop le temps d'être sur les téléphones. Quant à moi-même, j'essaie plus de me retrouver physiquement, techniquement, et que ça arrive petit à petit.

Vous avez reconnu un déficit de "confiance" par rapport à Kylian Mbappé, à qui on vous compare souvent. Pensez-vous pouvoir forcer votre nature pour être un leader sur le terrain ?

"Le leadership c'est naturel, ce n'est pas quelque chose qui se travaille. Je suis une joueuse sur un terrain de foot qui fait de son mieux, qui donne tout. Je ne vais pas m'inventer des rôles. De temps en temps, je peux aider mon équipe, donner de la voix, ça m'arrive, mais je ne vais pas me mettre au-dessus de ce que je suis. Il y a des joueuses qui ont ce truc naturel.

Vos amis vous décrivent comme une "force tranquille", quelqu'un avec "un petit caractère", mais l'image que vous renvoyez est celle d'une taiseuse. Est-ce que vous vous ouvrez davantage qu'auparavant ?

Oui ça va mieux, je m'ouvre un peu plus. Un +petit caractère+ parce que de temps en temps je peux disparaitre et ne plus rien dire.

Et avec Wendie Renard, votre capitaine en sélection mais adversaire en club ?

Elle est très sociable, très ouverte, elle met à l'aise tout le monde. Sur le terrain (en club) c'est autre chose: elle veut gagner, je veux gagner. On peut se faire la guerre sur le terrain mais il n'y a pas de problème, ça ne changera rien du tout. C'est une bonne personne à l'extérieur (du terrain).

 

                


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