Griezmann, l'ange blond des Bleus

Panoramic

Brillant à l'Euro 2016, comme animateur et meilleur buteur français, le N.7 tricolore à la gueule d'ange et à la célèbre tignasse blonde est l'homme clé du système de Didier Deschamps, sélectionneur séduit par l'altruisme et la régularité de son métronome. Si les Français abordent le prochain Championnat d'Europe sans autre noeud au cerveau que la sortie sur blessure de Karim Benzema, c'est aussi parce que l'attaquant du FC Barcelone a sorti un geste de grande classe pour trouer la défense bulgare jusqu'alors fébrile mais résistante. "Grizou" a profité d'un tir contré de Kylian Mbappé pour s'élever dans les airs et propulser le cuir dans la cage adverse d'une bicyclette du gauche déviée par Ivaylo Chochev (29e). Le visage rayonnant, il a célébré sa réalisation avec sa spéciale issue du jeu vidéo Fortnite, avant de lever les bras et de serrer les poings en direction des "Irrésistibles Français", le groupe de supporters français de retour en tribune.

Avec son 37e but sous la tunique tricolore, le natif de Mâcon (30 ans) se place désormais à quatre longueurs de l'ancien maître à jouer Michel Platini, troisième meilleur buteur de l'histoire des Bleus. "Griezmann, son intelligence, c'est qu'il est là où le ballon tombe toujours. On peut dire le contraire: le ballon tombe toujours où il est. C'est la marque des gens qui sentent le football", disait d'ailleurs de lui "Platoche" en octobre 2020 dans un entretien accordé à l'AFP. Son sens du placement, son toucher de balle soyeux et son activité défensive en font un des chouchous du public français et, surtout, un indéboulonnable du système Deschamps. Pour preuve, le sélectionneur l'a aligné mardi pour un 48e match de suite sans en manquer un seul, record historique.

L'éloge de Benzema


Précieux dans la construction du jeu, Griezmann s'est encore amusé à jouer entre les lignes et à distribuer les bons ballons pour ses compères d'attaque dans une association en triangle prometteuse, à défaut d'être vraiment efficace dans le dernier geste. On l'a vu combiner et servir en retrait Mbappé dont le tir a été repoussé par le gardien (12e), réclamer la balle à Lucas Hernandez dans la profondeur, temporiser pour se défaire d'un adversaire et s'appuyer sur Karim Benzema avant une nouvelle tentative de Mbappé (27e), ou encore tenter sa chance lui-même plein axe (49e). Sur le côté droit, il a aussi fait parler sa technique en éliminant un adversaire d'un crochet dévastateur, avant de se retourner dans la surface faute de solution pour ensuite décaler Paul Pogba dans la minute précédant son but.

Avant la sortie de Benzema, blessé à la jambe droite, l'association s'est aussi révélée prometteuse entre deux joueurs au profil assez similaire. "Il joue au Barça, je joue au Real, on a assez de technique et de vision pour ne pas se marcher dessus", répondait l'avant-centre du Real vendredi dans un entretien à l'AFP. "Bien sûr, on aime bien avoir le ballon dans les pieds, mais on peut aller dans la profondeur aussi, on peut bouger. Le plus important, c'est de ne pas être les deux au même endroit". Et "KB9" de faire l'éloge de "Grizou": "Il sait jouer en une touche de balle, il sait défendre, attaquer". Bref, un attaquant total. Soucieux de préserver son joyau, Deschamps l'a ménagé en le remplaçant après l'heure de jeu par Ousmane Dembélé (65e). Le sélectionneur compte sur lui pour le grand rendez-vous face à l'Allemagne, un adversaire que Griezmann a appris à aimer: c'est lui qui a battu la Mannschaft à lui tout seul d'un doublé fatal en demi-finale du dernier Euro.


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