France-Turquie, la sécurité en question

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Les Bleus ne veulent pas parler de politique. Ils ont raison. Mais au Stade de France, ce lundi soir, la sécurité sera au cœur des débats. En cause, l’aspect géopolitique, évidemment, et la condamnation par la France des actions de la Turquie contre les Kurdes en Syrie. Un différend fort que personne ne veut se voir traduire sur le plan sportif. Mais si les appels au calme ont été multipliés à tous les niveaux, les autorités considèrent forcément cette rencontre comme à très haut risque.

C’est d’autant plus le cas que le « chaud » public turc se déplace souvent en nombre. Si 3800 spectateurs turcs sont attendus dans la tribune visiteurs, ce ne seront évidemment pas les seuls. Selon certaines sources, il pourrait y avoir plus de 30 000 supporters adverses dans les travées du Stade de France. Cela représente un des facteurs majeurs de la vive inquiétude des pouvoirs publics. Comment canaliser d’éventuels débordements s’ils peuvent venir de partout ?

 

 

Le souvenir du dernier match entre ces deux nations, au stade de Gerland en 2009, n’arrange rien. La rencontre avait en effet été interrompue en fin de match suite au jet de fumigènes et de projectiles sur le terrain. En ce sens, les fouilles vont être renforcées au Stade de France et la vente d’alcool sera interdite autour de l’enceinte dionysienne. 600 policiers et 1400 stadiers ont été appelés. C’est bien plus que pour une rencontre lambda (environ 200 policiers et 300 stadiers de plus).

"Le football, c'est la paix. Je veux que tous les supporters se souviennent de ce principe"

Si la célébration controversée de vendredi suite au succès face à l’Albanie a été évoquée en conférence de presse, Senol Günes, le sélectionneur, a préféré jouer la carte de l’apaisement. "Je veux m'adresser aux supporters turcs et à tous les supporters en général, s'ils viennent voir un match c'est pour le plaisir de voir du foot, pour applaudir l'adversaire aussi. Le football, c'est la paix. Je veux que tous les supporters se souviennent de ce principe", a-t-il expliqué. Espérons qu’il soit entendu.

Günes envoie un message aux supporters : "Le football, c’est la paix"