Equipe de France : Des Bleus patraques en attaque !

Panoramic

Le sélectionneur n'a de cesse de le répéter : l'automne est la saison des tests pour son équipe de France, en rodage à huis mois de l'Euro. Et le chantier numéro un, celui qui occupe ses esprits, c'est "l'animation offensive". Or, celle-ci s'est montrée défaillante. Qu'il opte pour une défense à trois ou un milieu en "losange" comme dimanche, le patron des Bleus cherche à installer un "triangle d'attaque" pour placer ses pépites offensives dans les meilleures dispositions. Ainsi, "on est capable d'être plus dangereux, de créer plus d'occasions et marquer plus de buts", répétait-il samedi en conférence de presse. Las, Olivier Giroud, Kylian Mbappé et surtout Antoine Griezmann ont semblé incapables de se trouver correctement. "Des fois, ce sont les déplacements qui ne sont pas bons, des fois c'est la passe qui arrive trop tard", a constaté Deschamps après coup.

"Il n'y a pas eu beaucoup d'étincelles", a-t-il ajouté, concédant que son effectif s'était procuré "moins" d'occasions qu'à l'accoutumée. De ses buts, Hugo Lloris a livré le même diagnostic. "Dans les 30 derniers mètres, on a manqué de tranchant, d'agressivité", selon le gardien de Tottenham. Benjamin Pavard a relevé un autre écueil de ce système basé sur un trio offensif central : "il n'y a pas d'ailiers", a souligné le défenseur munichois, contraint de "se concentrer vers l'intérieur", où les espaces sont moins nombreux, au lieu d'avoir des solutions dans la largeur, ce qu'offrirait par exemple un profil comme celui de son partenaire du Bayern Kingsley Coman.

Griezmann, c'est grave docteur ? 

Bien entré en jeu et buteur mercredi contre l'Ukraine (7-1), Antoine Griezmann cristallise aussi les interrogations : il a traversé le choc face aux Portugais comme un fantôme, une rareté en sélection pour l'attaquant du FC Barcelone à qui Deschamps souhaite confier les clés de l'animation offensive. Lui-même a reconnu ses errements. "On essaie de se trouver avec Kylian. Il y a eu deux occasions où j'aurais pu lui donner mais j'ai raté la passe ou j'ai choisi un autre joueur", il faut "travailler là-dessus et essayer de s'améliorer", a reconnu le cinquième meilleur buteur de l'histoire des Bleus.

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Adrien Rabiot a lui aussi pointé les failles des lignes avant. "Offensivement, on a joué avec le frein, je trouve qu'on ne s'est pas trop lâchés", a posé le milieu de la Juventus Turin. "On aurait peut-être dû plus appuyer les attaques et leur faire plus mal", a insisté l'ancien Parisien. L'équipe de France peut nourrir d'autant plus de regrets qu'elle a livré un combat solide au milieu de terrain, avec Rabiot associé à Paul Pogba et N'Golo Kanté.

Des options multiples 

Contre l'Ukraine, certes face à une adversité beaucoup plus faible, les Bleus avaient aussi été au-dessus dans ce secteur de jeu avec Steven Nzonzi, Corentin Tolisso et Eduardo Camavinga, ce trio évoluant derrière le meneur de jeu Houssem Aouar, laissé en tribunes dimanche. "Le milieu a été bon, et ceux qui avaient joué mercredi avaient été bons aussi. Je sais qu'il y a beaucoup de qualités dans ce secteur de jeu, cela ne doit pas être au détriment du secteur offensif", a analysé Deschamps. Alors que se profile mercredi un déplacement en Croatie, le technicien basque sera-t-il tenté d'apporter des changements dans son onze de départ, où neuf titulaires du Mondial-2018 figuraient dimanche ?   

>>> La réaction de Deschamps <<<

Au match aller en septembre, en l'absence de Mbappé et Pogba, tous deux positifs au Covid-19, les Bleus s'étaient imposés 4-2 avec une paire d'attaque Wissam Ben Yedder - Anthony Martial, un milieu composé de Nzonzi et Kanté et une entrée en jeu prometteuse de Camavinga. Nul doute que ces noms-là ne demandent qu'à faire ressurgir les "étincelles" dans le moteur des Bleus...