Bleus: Theo Hernandez, passé soldé et avenir radieux

Panoramic

Né à Marseille mais ayant grandi et percé en Espagne, désormais épanoui en Italie, le jeune globe-trotter a retrouvé lundi les pelouses du centre d'entraînement tricolore de Clairefontaine, qu'il n'avait plus foulées depuis cinq ans. C'était en novembre 2016 avec l'équipe de France des moins de vingt ans. L'année suivante, le jeune défenseur avait snobé un rassemblement des Espoirs pour deux matches amicaux, préférant partir en vacances à Marbella. "J'étais jeune, je ne me rendais pas compte à quel point c'était important", a-t-il regretté dans un entretien accordé en mars à l'hebdomadaire Sportweek, où il apparaissait en Une avec sa compagne, la mannequin italienne Zoe Cristofoli.

Entre temps, celui dont le maillot est floqué "Theo", N.19 dans le dos, s'est fait un prénom en Espagne, le pays où son père Jean-François Hernandez, avec qui Lucas et lui n'ont plus aucun contact, a terminé sa carrière de footballeur. Formé à l'Atlético Madrid, le défenseur français s'est révélé en prêt à Alavés (2016-2017) avant de rejoindre le Real Madrid, puis la Real Sociedad, sans réussir à s'imposer. Le déclic est survenu à Milan, qui l'a recruté à l'été 2019 pour environ 20 millions d'euros. Paolo Maldini, légende du club rossonero dont il est désormais un dirigeant, l'a convaincu de filer en Lombardie "le temps d’un café" : "Il m'a appelé et il m'a rejoint à Ibiza, je n'y croyais pas. C'est un mythe pour moi", a raconté Theo à Sportweek.

Signes d'impatience

Indispensable à l'AC Milan depuis son arrivée, il présente un profil assez unique en Italie, avec une énorme capacité physique et une belle pointe de vitesse qui lui permet de souvent venir prêter main forte à son milieu voire à ses attaquants. Capable de déborder, il adore surtout percer plein axe pour s'ouvrir le but et frapper. Résultat, il a marqué 15 buts en deux saisons, dont 13 en championnat. "On connaît sa spécificité dans la phase offensive, il a corrigé certaines choses sur le plan défensif, il fait partie de ces arrières qui participent beaucoup au jeu", a mis en avant Didier Deschamps jeudi au moment de commenter la première convocation du Milanais.

Quelques secondes auparavant, le sélectionneur des champions du monde avait... omis de citer son non au moment d'égréner la liste des 23 Bleus convoqués pour les matches de septembre qualificatifs au Mondial-2022, dont celui de mercredi à Strasbourg contre la Bosnie-Herzégovine. Mais qu'importe, le principal intéressé a affiché sa "fierté" de pouvoir "jouer pour son pays". "Un grand merci à toutes les personnes qui ont cru en moi jusqu'ici, ceci n'est que le début d'une belle histoire", a-t-il réagi sur les réseaux sociaux. Ce "grand jour", comme il l'a désigné, Theo l'attendait depuis longtemps malgré son jeune âge. 

 

En octobre 2017, il s'était déjà montré "un petit peu" énervé de n'avoir pas été convoqué par le sélectionneur tricolore, confronté à plusieurs défections au poste de latéral gauche, allant jusqu'à affirmer qu'il n'était "pas du tout" fermé à l'idée de rejoindre la sélection espagnole. En 2020, même impatience affichée sur les réseaux sociaux après une non-convocation: "Je ne comprends pas, et toi ?", avait-il écrit, en espagnol, dans un message agrémenté d'un drapeau français.

Son allusion la plus célèbre aux Bleus a été quand il a mimé un appel téléphonique qui n'arrive pas, après un but la saison dernière. Une image diffusée et rediffusée à chaque fois que tombait une liste de Deschamps sans son nom… "Depuis deux ans, depuis que je suis ici (à Milan, ndlr), je joue aussi pour aller en sélection. J'ai toujours le téléphone à la main", assurait-il en mars. Cette fois, son heure a sonné.

Deschamps justifie les choix Veretout et Theo Hernandez :


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