Batlles sait où il va

Une équipe de séries. Avant le nul contre le Paris FC (1-1), son dernier match disputé avant l’interruption de la saison en raison de la pandémie de coronavirus, l’ESTAC restait sur quatre victoires d’affilée en Ligue 2. Une série qui faisait suite à une autre de quatre défaites de rang en championnat, elle-même consécutive à une série de quatre succès ! Une tendance cyclothymique pour l’actuel quatrième du deuxième échelon, dont le meilleur buteur, Boubakar Kouyaté (5 buts), est défenseur, et qui est entraîné depuis l’été dernier par Laurent Batlles. "Certes, nous gagnons beaucoup, mais nous perdons aussi. Le fait de ne pas faire de matchs nuls nous permet d’avancer plus rapidement que d’autres. A partir du moment où nous réagissons bien après une série négative, ça nous permet d’avancer", déclarait-il fin février en conférence de presse.

 

"J’ai appris à composer"


Mais pour sa première expérience d’entraîneur principal d’une équipe professionnelle, l’ancien milieu de terrain (44 ans), venu de la réserve stéphanoise après avoir été l’adjoint de Christophe Galtier, n’a pas à rougir de son bilan, malgré des éliminations d’entrée dans les deux coupes. Et il sait faire preuve de pragmatisme et d’adaptabilité. "Je ne sais pas si c'est ma plus grande qualité mais disons que durant mes trois ans de formation avec la réserve, j'ai appris à composer, racontait-il dans France Football à l’automne. Quand vous entraînez une équipe réserve, vous ne savez jamais quels professionnels vont venir renforcer votre groupe, quels joueurs vous allez avoir à votre disposition au regard des différentes compétitions de jeunes, etc... Par la force des choses, vous êtes donc obligé de vous adapter. Avec à chaque fois la volonté de mettre en place l'équipe qui sera la plus à même de contrarier l'adversaire."

 

"Suk a bien réagi"


Des joueurs confinés à qui Batlles, retourné à Saint-Etienne, s’entretient régulièrement durant cette crise sanitaire, comme il nous le confiait ce week-end : "J’ai une réunion quotidienne avec mon staff, et, tous les jours, deux joueurs rentrent avec nous dans la discussion, pour savoir où ils en sont au niveau athlétique et moral. Surtout au niveau moral, on essaie de les faire rigoler, car pour certains ce n’est pas évident d’être seul dans leur appartement." D’autant plus que Hyun-Jun Suk a été le premier footballeur professionnel positif au coronavirus en France. "On a vu Suk, puisqu’on a fait une vidéo regroupée avec les 30 joueurs. Et je ne vous dis pas que ça a été évident quand tout le monde se chambrait… (sourire). Et on a vu que Suk a bien réagi", confiait encore celui qui avoue que cette "épreuve" est aussi "un apprentissage. Et ça me permet de revoir des matchs du début de saison et de comprendre certaines choses."