Les excuses de Lance Armstrong

Reuters

Chassez le naturel et il revient au galop. Dimanche, ESPN a diffusé la seconde partie du reportage consacré par la chaîne américaine à Lance Armstrong. Dans cet acte II, l'ancien cycliste regrette notamment d'avoir fait régner la terreur au sein du peloton et d'avoir eu une attitude indigne d'un sportif professionnel. « La manière dont je me suis comporté, en tant que leader d'un sport, d'une cause, d'une communauté, c'est inexcusable, a-t-il confié. Mon comportement a été totalement inapproprié. J'ai profité de ma position, et pour cela, je suis profondément désolé. » Des remords intervenus lors de ce deuxième opus anglé sur la chute de l'Américain (la première évoquait son ascension) qui n'empêche pas l'intéressé de ne pas regretter plus que cela de s'être dopé, et ce dès ses plus jeunes années (il a révélé qu'il avait 21 ans lorsqu'il a commencé à user de substances interdites pour améliorer ses performances).




« Est-ce que j'arrive à dormir la nuit ? Oui », répond ainsi avec beaucoup d'aplomb le coureur déchu de ses sept succès sur le Tour de France entre 1998 et 2005. Et Armstrong de ressortir la boîte à insultes, cette fois pour s'en prendre (violemment) à son compatriote et ex-coéquipier Floyd Landis, privé, lui, de sa victoire sur la Grande Boucle 2006, là aussi pour dopage.

 




« Est-ce que cela aurait pu être pire ? Oui, ça aurait pu être pire, j'aurais pu être Floyd Landis. C'est-à-dire me réveiller comme une merde (sic) tous les jours », charge ainsi Armstrong à propos de celui qui dit de lui qu'il « ne doit pas être considéré autrement que les autres coureurs dopés », pas plus qu'il n'a « inventé le dopage ». Une sortie à laquelle son compatriote a depuis répondu.

 

 

Armstrong déconseille à son fils de se doper... pour le moment !

 

 




L'ancien leader de la Discovery Channel et de l'US Postal, n'en déplaise à Landis, estime pourtant n'être pas traité d'égal à égal avec les autres tricheurs de son sport. En particulier George Hincapie, avec qui il a également fait équipe à l'époque. « En Italie, Basso est comme tout le monde, alors que Pantani s'est fait détruire dans la presse. Ils l'ont viré du cyclisme, et il est mort (...) Aux États-Unis, Hincapie est glorifié, on lui offre des jobs, il est invité aux courses, on achète ses merdes (sic). Et moi, on me détruit. Quelle connerie ! »

 

 




En guise de dernière pirouette, Armstrong assure qu'il déconseillerait à son fils Luke (membre de l'équipe universitaire de foot US de se doper). Mais uniquement maintenant. Plus tard, en revanche... « J'ai toujours eu l'impression de me battre pour obtenir quelque chose, et travailler pour un but spécifique a toujours plus de valeur que de prendre un raccourci. J'ai aussi l'impression que si je me dope et que je me fais prendre, vu de l'extérieur, tout le monde dira : "il est juste comme son père". Donc ça serait une mauvaise idée. A ce moment de sa carrière, ça n'en vaut pas la peine. Après, en NFL, c'est autre chose. » Sacré Lance...