Bora-Hansgrohe/Sagan : « Je ne suis pas encore fini »

Le 13 octobre 2020 sera à marquer d’une pierre blanche dans la carrière de Peter Sagan. A 30 ans, le Slovaque a décroché ce jour-là sa toute première victoire d’étape sur le Giro (pour sa première participation) et a mis fin à une disette de quinze mois sans le moindre succès. Cela sera finalement sa seule victoire de l’année 2020, mais l’ancien triple champion du monde saura s’en contenter, comme il l’a confié dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport : « Quand vous gagnez beaucoup, les attentes des gens augmentent, mais souvent il y a seulement un centimètre entre le premier et le deuxième, mais les gens se souviennent seulement du vainqueur. Je fais de mon mieux et je n’écoute pas ce que les gens disent. Je prends ce que je peux avoir. Je n’avais pas d’étape du Giro à mon palmarès, maintenant j’en ai une. Cela me rend heureux. J’ai aimé la façon dont j’ai gagné : en attaquant, en souffrant et en se battant pour la victoire. Je pense que les gens ont aimé la façon dont j’ai gagné, également. C’est important pour moi. Cela ne peut pas être comparé à un titre mondial, ou autre, mais cette victoire aura toujours une place spéciale dans mon cœur. »

Le confinement a pesé


Avec une seule victoire (et six deuxièmes places) cette année, et un échec dans la quête du maillot du classement par points sur le Tour de France (deuxième derrière Sam Bennett) et du Giro (deuxième derrière Arnaud Démare), Peter Sagan estime que le confinement du printemps et la reconfiguration du calendrier (qui fait qu’il a disputé le Giro et non pas les classiques flandriennes, qui se déroulaient en même temps) ont joué sur son état de forme, lui qui est resté confiné à Monaco avec son fils : « Je ne pense pas que c’était facile pour tout le monde de préparer la saison après le confinement. Peut-être que les coureurs qui ont pu s’entraîner dehors, qui n’étaient pas en confinement total, ont eu un avantage. Si vous restez à la maison et pouvez seulement faire du vélo sur rouleaux, vous notez une différence. Mais ensuite on a eu du temps pour préparer la reprise de la saison. J’ai fait plus de camps d’entraînement cette année que dans le passé. C’était une saison courte mais intense. »

Son nombre de victoires baisse d'année en année


Sous contrat avec Bora-Hansgrohe jusqu’à fin 2021, le coureur qui fêtera ses 31 ans en janvier serait-il déjà sur la fin ? Il ne veut pas y croire. « Tout change. Personne n’est le même qu’il y a dix ans, c’est pareil pour les coureurs. Mais je veux toujours continuer à courir. J’aime toujours le cyclisme. Je suis heureux de l’impact que j’ai et que les fans apprécient ce que je fais. Je ne suis pas sûr que chaque saison soit plus dure, je pense que chaque saison est différente. Si je gagne 20 courses en 2021, je suis sûr que les gens diront rapidement que je suis de retour. Je suis là, je ne suis pas encore fini. » Depuis cinq ans, son nombre de victoires annuelles ne cesse de baisser (14 en 2016, 12 en 2017, 8 en 2018, 3 en 2019, 1 en 2020). Difficile toutefois d’imaginer qu’il finisse 2021 avec le compteur à 0...