L'OL, des émotions et une finale

La première affiche de ces demi-finales de Coupe de la Ligue avait de l'allure. Lyon-Lille, ou les retrouvailles entre les deux derniers poursuivants du grands PSG. Deux écuries plombées à des degrés divers par leur cahier des charges cette saison. Si l'OL, qui a bien commencé 2020, est toujours engagé en Ligue des champions, le LOSC peut désormais se concentrer sur ses joutes nationales. Et à une marche du Stade de France, cette dernière édition devient une priorité, forcément. Cela s'est vu d'entrée dans l'attitude des Lillois.

Dembélé a encore pesé


Hargneux et remontés, les hommes de Christophe Galtier ont abordé ce match en mettant les ingrédients qu'il fallait. Dans un premier temps, c'est bien le LOSC qui a contrôlé ce rapport de force, sans pour autant tenir le ballon dans des proportions énormes. Tatarusanu a été testé sur une tentative d'Ikoné (6e). Le ton était donné. Moins de dix minutes plus tard, Renato Sanches douchait le Groupama Stadium en exploitant un second ballon aux abords de la surface lyonnaises, faisant suite à une attaque placée bien construite. Le tir rasant du Portugais a fait mouche et permis au LOSC de passer devant (0-1, 13e).

Piqués, les Lyonnais ont alors débuté leur match. Mais ils ont refait surface avant tout grâce à une faute d'inattention de l'adversaire, Gabriel Magalhães étant sanctionné d'un penalty pour une main sur un centre de Cornet. Moussa Dembélé l'a transformé avec autorité (1-1, 15e). Et si les débats se sont équilibrés après ce premier quart d'heure de feu, l'OL a tout de même reprise le dessus au fil des minutes, progressivement, avant de terminer fort cette première période. Incisif, Bertrand Traoré a vu sa reprise acrobatique fuir le cadre après un très bon travail d'Aouar (38e), avant de buter sur Jardim sur une action en solitaire dans son style caractéristique (42e).

La montée en puissance de la bande à Garcia s'est encore intensifiée au retour des vestiaires. Depuis le début de l'année, Moussa Dembélé pèse. L'avant-centre lyonnais l'a encore montré en donnant du fil à retordre à la défense lilloise, alternant courses dans l'espace et travail de fixation pour faire remonter le bloc. Et c'est dans la surface, zone d'inconfort maximale, qu'il se sent encore le mieux, comme l'a rappelé son excellent enchaînement contré par Fonte (54e) ou sa reprise à bout portant sur laquelle Jardim s'est interposé majestueusement (64e). Entre temps, Traoré s'était encore signalé, d'une frappe hors-cadre après un nouvel éclair (55e).

Une histoire de penalties


L'odeur du KO s'accentuant, la dernière demi-heure a diffusé une crainte palpable dans les deux camps. Mais à ce petit-jeu, c'est tout de même l'OL qui a eu le dernier mot. Après une alerte de l'intenable Dembélé (75e), c'est Houssem Aouar qui a enfilé le costume de sauveur d'une frappe limpide (2-1, 85e). Ce n'est pas la première fois que le milieu offensif fait le coup, son but rappelle furieusement son petit bijou inscrit contre le Leipzig en décembre (2-2). Et ce type d'inspiration symbolise aussi ses nouvelles responsabilités. Le problème, c'est que Lille respirait encore, malgré la balle de match manquée par Rémy juste avant (83e). Après un tacle non maîtrisé de Rafael sur Bamba, le LOSC a obtenu un penalty que le même Rémy - formé à l'OL - a transformé d'une panenka (2-2, 90e+3). Tout s'est donc décidé aux tirs aux buts. Et c'est Tatarusanu qui a envoyé l'OL au Stade de France en s'interposant sur la première tentative lilloise, avant de voir Renato Sanches manquer la sienne. Jean-Michel Aulas peut se frotter les mains. Le rendez-vous est pris.