La dernière Coupe de la Ligue pour le PSG

Reuters

L’histoire retiendra que le Paris Saint-Germain s’est adjugé cette ultime édition de la Coupe de la Ligue après avoir remporté la première du nom, il y a vingt-cinq ans. C’était une autre époque, une autre vie, mais les conquêtes européennes des Parisiens occupaient déjà les esprits. Plus qu’une finale, ce PSG-Lyon était une façon royale de tirer le rideau et lustrer une dernière fois le plus décrié des tournois, avant de le ranger définitivement au placard.

Pour sa qualité technique, ses oppositions tactiques et le folklore entourant deux entités dominantes, l’affiche a toujours tenu ses promesses ces dernières années. Il ne faut pas s’arrêter au score : ce fut encore le cas ce soir, malgré une chaleur asphyxiante qui contrastait avec la froideur d’un Stade de France aux tribunes clairsemées. Les enjeux étaient multiples : Paris ne devait pas laisser de miette sur la scène domestique avant ses batailles continentales, quand Lyon voulait chiper l’un de ses derniers tickets européens.

TUCHEL A RESSORTI LE 4-3-3

Et si le système de l’OL articulé 3-4-1-2 ne faisait aucun doute, la curiosité du jour résidait dans le schéma concocté par Thomas Tuchel. L’Allemand a donc remis le 4-3-3 aux goût du jour, et il ne nous fera pas croire que c’est le test d’un soir… Marco Verratti retrouvait le onze aux côtés d’Idrissa Gueye et de Marquinhos, à nouveau propulsé devant une défense Thiago Silva-Kimpembe. Derrière, Layvin Kurzawa comblait le vide du jour côté droit.

📋 La composition de départ de cette dernière finale de @CoupeLigueBKT 🏆#PSGOL pic.twitter.com/3hR9uTFHdb

 

— Paris Saint-Germain (@PSG_inside) July 31, 2020

La température et l’enjeu n’ont pas tué le jeu dans un premier temps, mais sur la durée. Il y a eu un match, un vrai. Pas moins électrique que le PSG-Sainté de la semaine passée, mais plus enlevé. Dès les premières minutes, les Parisiens ont été plus fluides dans la construction et plus réactifs dans la récupération du ballon qu’ils ne l’avaient été contre les Verts. Neymar a allumé la première mèche sur une superbe frappe enroulée qui a rasé le montant (8e). Bien dans leurs crampons sous l’impulsion d’un Verratti pas avare en gourmandises, les Parisiens ont néanmoins concédé des situations, aussi. Le plan de l’OL a été cohérent. Navas a assuré le coup sur une première tentative de Cornet (37e), avant que Marquinhos ne dégage un ballon bouillant pour amorcer un contre sur lequel Di Maria a manqué sa finition (45e).

Titulaire de dernière minute après une blessure au dos de Tatarusanu, Anthony Lopes a lui aussi fait le job, à l’image d’une belle détente sur une frappe sèche et lointaine d’Idrissa Gueye avant la pause (43e). Bref, il ne manquait qu’un but à la pause pour que le match s’embrase. Le rythme est resté soutenu au retour des vestiaires, mettant en lumière les excellentes dispositions des deux gardiens. Et si Navas a été heureux de voir une puissante frappe de Depay déviée par Verratti (47e), Lopes s’est employé avec la manière sur un coup-franc lointain bien botté par Neymar (49e), sous les yeux d’un Kylian Mbappé bien attentif.

 

AU BOUT DE LA NUIT…

Les lignes se sont étirées à mesure que la fatigue a gagné du terrain, compliquant toujours plus les initiatives des 22 acteurs. La stratégie des changements devenait alors primordiale. Rentré au cœur de la seconde période, Thilo Kehrer a tout de suite accentué le contraste avec ses coéquipiers. Les Parisiens ont globalement tenu le ballon sans parvenir à trouver l’ouverture, malgré quelques situations intéressantes. Le supersub Pablo Sarabia a encore brillé par sa science du déplacement après son entrée. Servi sur un centre au cordeau, l’Espagnol aurait pu jouer les sauveurs sur une reprise puissante – sans succès (75e) – tout comme Neymar, dont la tête rageuse a trouvé Lopes sur sa route (86e).

Pas en reste, les Gones ont eu leurs chances, eux aussi, mais Navas a veillé au grain face à Cornet (80e) ou Toko-Ekambi (82e). Il fallait une dernière étincelle. Elle n’est pas survenue en prolongations, bien que Di Maria et Traoré aient eu leurs chances en quelques secondes d’intervalle (95e), et que Rafael ait laissé ses coéquipiers à dix juste avant le clap de fin (120e). Au petit jeu des tirs aux buts, les Parisiens ont eu le dernier mot, Traoré manquant sa tentative face à Navas avant que Sarabia ne convertisse la sienne au bout de la nuit.

Dans cet été à trois niveaux, les champions de France ont passé le deuxième, non sans difficulté. Les prochaines aventures auront lieu à Lisbonne avec le retour de la prestigieuse Ligue des champions. Les Lyonnais, de leur côté, ne sont pas encore invités. Il doivent finir le travail à Turin pour rejoindre le bas. Pour tout ce beau monde, ce sera ensuite la course aux étoiles.