Toulouse, c'est 4 à la suite !

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C’aurait été vraiment trop ballot. De voir ce Stade Toulousain, qui restait sur huit victoires de rang (*), dont un succès fondateur sur le Leinster (28-27), champion d’Europe, se prendre les pieds dans son propre tapis, même détrempé, d’Ernest-Wallon face aux Wasps, une semaine après s’être imposé en terre anglaise (24-16). Longtemps, on a cru que les joueurs d’Ugo Mola allaient peut-être tout gâcher, mais le Stade, au terme d’un match échevelé à… huit essais  (!), a prolongé son grand huit d’un neuvième succès (42-27), bonifié qui plus est, pour conserver la tête de la Poule 1 de Champions Cup avec un carton plein de quatre victoires en quatre journées. Indispensable pour tenir en respect le Leinster, qui reçoit Bath à Dublin (18h30).

"On voit un match de gala, où les deux équipes n’ont pas envie de défendre. Sauf qu’on oublie que c’est un match qualificatif…" A l’approche de la mi-temps, l’appréciation de Mola pour la production de ses joueurs peut paraître un brin sévère, après tout, son équipe a déjà su inscrire trois essais par Yoann Huget sur interception (2e), Iosefa Tekori, grâce à la passe à l’aveugle d’Antoine Dupont (14e) et Romain Ntamack (22e). Du jeu, encore et toujours, du bel ouvrage, sauf que dans le même temps, la défense toulousaine, c’est vrai, pointe aux abonnés absents. Avec une équipe des Wasps qui, déjà éliminée, joue sans pression et répond du tac au tac par Josh Bassett (11e) et Willie le Roux (27e). Pour un score à la pause des plus serrés (22-20).

Et avec la pluie battante qui s’invite au retour des vestiaires, on se dit que le piège est bien tendu. D’autant que le scénario se répète, et à l’essai qu’offre Huget à Dupont, dès la reprise (27-20, 42e), répond aussi sec celui de Ross Neal (29-25, 45e). Il faut la botte de Thomas Ramos, auteur de 17 points, et l’intervention dans la ligne de l’arrière-buteur sur cet énième déboulé pour envoyer Dupont tuer ce match dingue pour de bon, et glaner au passage le titre mérité d’homme du match (39-27, 67e). "Je veux bien croire que depuis le bord de la touche c’était sympa, mais on s’est fait peur, avouera volontiers le demi de mêlée international au micro de beIN SPORTS. On savait qu'ils n'avaient plus rien à jouer et qu'ils allaient envoyer du jeu. (…) On était venu pour attaquer, mais pas spécialement pour défendre en première période. C'est là-dessus qu'on a appuyé à la mi-temps sinon on savait qu'on finirait derrière eux." Et déjà se profile un déplacement à la fois décisif et terrible du Leinster le 12 janvier prochain: "On a eu un gros match ici au match aller et ils nous attendront de pied ferme là-bas, on va se préparer comme il faut."
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(*) Le Stade n'a plus perdu un match depuis le 29 septembre dernier et sa défaite à domicile dans le derby face aux champions de France castrais (22-26).