Montpellier prend sa revanche sur Toulon

Malheur au vaincu ! Le match retour de ce duel franco-français entre Montpelliérains et Toulonnais, après l’opposition débridée de Mayol, le week-end dernier, s’annonçait beaucoup plus tendu au regard de l’enjeu pour deux formations dos au mur dans la course à la qualification et qu’une défaite promettait d’écarter pour de bon. Et le déluge dans le ciel héraultais, en même temps que la pelouse totalement détrempée du GGL Stadium, finissait de condamner les espoirs d’un jeu ambitieux. Celui que des trombes d’eau n’ont pas empêché Toulouse de pratiquer pour gagner samedi face aux Wasps (42-27).

Vern Cotter avait annoncé la couleur avant le coup d’envoi en promettant de soigner les basiques. Message entendu cinq sur cinq par Louis Picamoles et ses coéquipiers qui vont dérouler leur rugby tout en puissance, entre parfaite alternance et pression au pied, dans le sillage d’un Ruan Pienaar, général en chef dans un très bon jour avec un match d’une grande densité : un essai, une pénalité et trois transformations pour 14 points inscrits par le demi de mêlée sud-africain. A la manœuvre pour solliciter ses avants et envoyer Jan Serfontein (13e) puis Henry Immelman (35e) concrétiser une domination de chaque instant. La victoire référence de Toulon face au MHR (38-28), malgré l’entrée apparemment précipitée de Mathieu Bastareaud, au relais de John Placid à la demi-heure de jeu, n’est déjà plus qu’un souvenir, et François Trinh-Duc, pour son retour « à la maison », est loin de briller avec ces deux seules pénalités pour cacher la misère à la pause (15-6).

Le constat à la pause du capitaine Guilhem Guirado, pour dépeindre une équipe qui n’a "pas eu beaucoup de munitions" et a trop "subi leur pression au pied", n’offre qu’une conclusion guère encourageante pour des Varois sans "aucune solution". L’illustration de cette impuissance s’exprime avec cet essai en force collectif, conclu par Vincent Giudicelli (22-6, 45e), puis par la réalisation de Pienaar bien servi par Frans Steyn (29-6, 52e). Victime de cette incapacité à s’adapter aux conditions de jeu, le RCT finit par se résoudre à envoyer en force Mamuka Gorgodze franchir la ligne (29-13, 46e). Mais comme pour rendre l’addition des visiteurs plus amère, c’est l’ancien Toulonnais Levan Chilachava qui scellait à nouveau en force ce score qui maintient en vie Montpellier, condamné à remporter ses deux derniers matches  face à Newcastle et surtout à Edimbourg pour espérer accrocher une place de meilleure deuxième de poules. Pour Toulon, en revanche, cette élimination dès la première phase est une grande première dans l’histoire européenne du club varois (*).
-------------------------------------------------
(*) Si Montpellier ne s’est qualifié qu’une seule fois pour les quarts de finale (en six participations), Toulon avait toujours su se sortir de la phase de poules (7 sur 7).