Un peu trop cool, Kobel ?

Reuters

Après avoir crevé l'écran la saison passée avec Stuttgart, qu'il avait déjà fait remonter en Bundesliga en 2020, Gregor Kobel a bénéficié de l'alignement des planètes du côté de Dortmund. Un univers toujours bien suisse du côté de la cage du BvB, puisque le gardien de 23 ans prend la suite de Roman Bürki, que Dortmund a essayé de faire partir sans succès et qui se voit désormais relégué en tant que n°2 dans la hiérarchie - et le n°3, Marwin Hitz, est aussi suisse.

Difficile de juger Kobel après un temps encore restreint, alors qu'il est forcément attendu pour son premier passage dans une grande écurie européenne, là où on ne brille plus avec une dizaine d'arrêts par match mais où il faut savoir sortir la parade nécessaire au bon moment.



Patrick Guillou, tout en le jugeant "intéressant" en Bundesliga, et en mettant de côté la claque reçue mardi chez l'Ajax (4-0) en Ligue des Champions, se montre "un peu plus circonspect" sur deux points : "Il doit être beaucoup plus mature dans son jeu au pied, moins paniqué lorsqu'on lui met le ballon en retrait, à l'image du but encaissé contre Mayence où il panique complètement en remettant dans l'axe ; et sur certains coups de pied arrêtés, au vu de sa taille et son envergure, il doit venir aider sa défense au lieu de rester scotché. Ce n'est pas un gardien fini."

Ce qui peut paraître un peu curieux chez un club de la dimension du Borussia Dortmund qui, en dépit de sa volonté toujours plus affirmée de s'appuyer sur des jeunes, fait forcément face à une obligation constante de résultats.

La pression de ne pas devoir commettre d'erreur n'est, en général, jamais très bonne pour ce genre de profil encore tendre dans une telle institution. Pour le moment, impossible pour le directeur sportif et le coach Marco Rose de se dédire : "Il nous a convaincus aussi par son charisme, il est cool. A notre premier appel, il a dit 'cool' à peu près 20 fois, donc il est probablement content d'être là." Pas certain que ça suffise... Et si la situation venait à prendre une mauvaise tournure, la question du rôle de Bürki sera forcément relancée. En attendant, le gardien n°3 de la Nati - présent à l'Euro derrière Yann Sommer et Jonas Omlin, ses collègues de Mönchengladbach et Montpellier - continue d'engranger aussi vite que possible.



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