Ibrahima Konaté : « Hâte de jouer la Ligue des Champions »

Konate

Ibrahima Konaté, Leipzig réussit une très grosse fin de saison...

Ces derniers temps, au sein du club, on a tous le même objectif. Que ce soit en dehors ou sur le terrain, on est fixé sur le même objectif. Depuis deux matchs, on a atteint cet objectif, la Ligue des Champions, et on est tous très heureux. On s’est tous mobilisés et à chaque match, on s’est remis en questions pour pouvoir faire de bonnes performances. Au final, ça a payé et aujourd’hui, on est tous heureux. Même si on a atteint notre objectif, on a toujours cette rage de vaincre et la volonté de gagner. On sera toujours sérieux et rigoureux pour cette fin de saison pour faire de bons résultats.  

Votre dernière défaite remonte au 19 janvier face à Dortmund. était-ce un déclic ?

Je pense que le match contre Dortmund à domicile, on le perd, mais le résultat ne reflète pas du tout le match. Cette défaite nous a peut-être réveillés mais honnêtement, on n’a pas fait attention à cette série d’invincibilité. On prenait vraiment les matchs un par un, sans regarder les matchs d’avant et d’après. Arrivés à un moment, on s’est tous dit : « Mais ça fait 13 matchs qu’on n’a pas perdu. » J’ai été le premier choqué car je ne savais pas que l’on restait sur 13 matchs sans défaite. On n’a pas fait de calcul et on s’est renforcés au fil des matchs. 

A titre individuel, vous avez changé de dimension cette saison…

Je pense que c’est le travail de la saison dernière et de cette année bien sûr qui paient. J’ai fait beaucoup de matchs avec beaucoup de bons résultats. Le fait que j’ai joué beaucoup de matchs cette saison résulte aussi de la blessure de Dayot (Upamecano) en janvier. Avant cette blessure, le coach faisait beaucoup de rotations entre les défenseurs. Avec cette blessure, il n’y a plus eu de rotation et j’ai joué beaucoup plus. C’est bien pour moi mais j’espère aussi que Dayot va vite revenir.    

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En Ligue Europa, vous avez un peu moins joué…

Il y a eu ce match contre le Celtic à domicile où j’étais tombé malade. Au match retour, le coach avait gardé la même équipe car il y a eu un bon résultat à l’aller. Ensuite, il y a eu beaucoup de rotations et j’ai moins joué qu’en championnat. Quand on regarde notre fin de saison, on se dit que cette élimination a été un mal pour un bien. On aurait peut-être accumulé plus de fatigue en cas de parcours plus long et du coup, on n’aurait peut-être pas fait cette fin de saison et du coup, pas de qualification pour la Ligue des Champions. Le fait qu’on soit sorti rapidement de la Ligue Europa, ça a été un coup dur pour l’ensemble du club. Mais c’est aussi ça qui nous a permis de nous focaliser sur le championnat et de finir dans le Top 4. 

Après deux ans passés en Allemagne, êtes-vous définitivement intégré ?   

Oui. La ville de Leipzig est bien mais il n’y a pas grand-chose à faire, pas comme Paris par exemple. C’est ce qui nous permet d’être concentrés dans le football à 100 % aussi. L’intégration au club est totale. Tout est à notre disposition au sein du club pour que l’on s’intègre pleinement. On suit des cours réguliers par semaine. L’allemand, c’est tellement dur que j’ai encore des progrès à faire. 

Finalement, Leipzig était le meilleur choix que vous auriez pu faire…

C’est la meilleure décision que j’ai pu prendre. Même si au début, ça a été difficile puisque je jouais avec les U19. Le club m’a intégré petit à petit comme il le fallait et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui, ça se passe super bien. Je suis très heureux de ma décision et ça, tout le monde le comprend même les anciens dirigeants de Sochaux qui n’étaient pas trop d’accord.

Cette saison est belle pour vous comme ce but inscrit contre le Fortuna Düsseldorf…

Franchement, je ne sais pas comme l’expliquer. Je l’ai senti et j’y suis allé. Pendant ma formation, j’ai évolué milieu de terrain à Sochaux. J’ai cette faculté à me projeter vite vers l’avant avec le ballon. Je me suis retourné, je suis allé au but et après voilà... 

Ça fait quoi de marquer en Bundesliga dans un stade plein ?

Si j’avais réussi à marquer ce but à domicile, ça aurait été mieux, parce que là, les supporters n’étaient pas contents (rires). Mon premier but en Bundesliga restera à jamais dans ma tête. J’étais très heureux. J’espère en mettre d’autres. 

Sur quel aspect du jeu devez-vous encore travailler ?

Je pense que ce que je dois améliorer, c’est mon pourcentage de passes réussies. Je tente beaucoup de passes difficiles, c’est vrai, mais je dois m’améliorer dans cet aspect-là. Je dois aussi progresser avec mon pied gauche et aussi mon jeu de tête. Ce sont les gros points sur lesquels je dois progresser. 

Votre jeu de tête en phase offensive ou défensive ?

Offensivement, déjà. Mais défensivement également. C’est vrai que ma taille et mon gabarit m’aident à avoir le ballon dans les duels aériens mais il faut que je sois plus propre. Il faut que je parvienne à garder le ballon dans ces duels et ne pas balancer n’importe comment. Il faut que je puisse ressortir proprement après un duel.

Quel genre de coach est Ralf Rangnick ?

C’est le père de l’équipe. C’est un coach qui va te parler quand tu en as réellement besoin. Ce n’est pas quelqu’un qui exprime ses sentiments. C’est un coach strict. Si tu ne vas pas dans son sens, tu te tires une balle dans le pied. Avec lui, il n’y a pas de joueurs qui se sentent supérieurs à d’autres. Il est juste. 

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Que s’est-il passé dans votre tête au moment de jouer face à des Lewandowski, Reus, Alcacer…

La première fois que j’ai joué contre le Bayern Munich l’année dernière, je me suis arrêté et me suis dit : « Non, mais lui (Lewandowski), tout le temps je le prenais sur FIFA et je marquais avec et là je joue contre lui. » On essaye d’évacuer rapidement car il ne faut pas faire le fan. C’est mon adversaire, je ne dois pas rigoler avec lui et lui laisser aucune chance. Il est vraiment dur à marquer dans le jeu. Lewandowski, c’est un petit renard. Il se fait oublier et jaillit d’un coup. Et c’est là où tu es surpris. Le Bayern et Dortmund, c’était dur mentalement, il fallait être concentré de la 1ère à la 90e minute. A l’issue de ces deux matchs, j’ai fini plus épuisé psychologiquement que physiquement.  

Vous allez disputer la Ligue des Champions la saison prochaine. Une belle récompense…

J’ai hâte d’y être. L’année dernière, je n’ai pas eu l’occasion de jouer quelques minutes. Cette année, c’était un objectif pour moi. J’ai désormais hâte de la jouer et d’entendre cette belle musique. 

Vous avez été convoqué en mars avec l’équipe de France Espoirs. C’était la suite logique…

Finir la saison comme ça, c’était magique pour moi. Durant les deux, trois, dernières années, je n’ai pas été convoqué en sélection avec ma catégorie. Il y a eu une frustration à titre personnel. Je me suis dit qu’il y a peut-être meilleur que moi et que je devais encore travailler. Aujourd’hui, j’ai travaillé et ça a payé. Etre surclassé en équipe de France, c’est génial et j’étais même surpris. J’espère être convoqué pour les prochaines échéances que ce soit l’Euro ou Coupe du Monde U20. Représenter son pays, c’est une fierté. 

Vous faîtes partie des grands espoirs mondiaux à votre poste. Comment voyez-vous l’avenir ?

Depuis que je suis à Sochaux, j’ai pris l’habitude de ne jamais me dire : « Tu dois faire ci, tu dois faire ça, tu dois aller là… » Chaque année, je me fixe des objectifs et dans tous les cas, si ça se passe bien, tous les bienfaits vont suivre avec. Si les grands clubs doivent venir, ils viendront. Si tu dois rester, tu resteras et si tu dois partir, tu partiras. Il ne faut pas s’inquiéter. Il faut d’abord être focus sur le terrain et faire de bonnes prestations. Tout le reste suivra sans problème…  
 

Nizar Hanini