Bayern Munich - Flick, autopsie d'une démission

Reuters

Hansi Flick, au fond, aura bénéficié jusqu'au bout de cette réussite qui escorte les grands coachs. L'entraîneur du Bayern savait, au vu du point de non-retour atteint avec son directeur sportif Hasan Salihamidzic, qu'il allait annoncer son départ. La question, c'était quand... Et alors que beaucoup s'attendaient à voir éventuellement recoller Leipzig à deux points, à cinq journées de la fin, le nul inattendu du dauphin face à Hoffenheim (0-0) combiné à la réponse de champion du Bayern chez le troisième Wolfsbourg (2-3) a offert le timing parfait à l'homme du sextuplé.

Comment en est-on arrivé là ? Avant tout par de grandes divergences de vue au niveau des transferts. L'exemple le plus marquant : Hasan Salihamidzic a recruté Leroy Sané, alors que Flick voulait Timo Werner. Résultat, le coach n'a pas hésité à faire sortir le transfuge de Manchester City lors d'un match... qu'il n'avait même pas commencé. On lui a aussi refusé une véritable doublure à Pavard - il n'a eu que Bouna Sarr - ou proposé Callum Hudson-Odoi (Chelsea) qu'il n'avait jamais demandé. Puis une proposition de prolongation a été retirée à David Alaba, au mois de novembre, et son compère Jérôme Boateng vient aussi de se voir indiquer la porte de sortie. Très proche de ses joueurs, Flick en a eu ras le bol. Et ses hommes avec, ce qui peut compliquer la tâche future de Salihamidzic...



L'ancien joueur du Bayern s'est aussi lourdement invectivé avec Flick durant le huitième de finale de Ligue des Champions, face à la Lazio. L'entraîneur s'est retourné en lui hurlant dessus, afin de lui demander de se taire (dans les termes que vous pouvez imaginer). "C'est le grand retour du FC Hollywood, ils s'en remettront, estime Patrick Guillou. Salihamidzic est le fils spirituel d'Uli Hoeness, en face on a Flick qui est l'homme de Karl-Heinz Rummenigge. Et Oliver Kahn ne s'en mêle pas, puisqu'il ne prendra ses fonctions qu'en janvier 2022..." De plus, pas certain que le futur patron ne soit pas du côté de son ancien partenaire "avec qui il a mené beaucoup de combats", comme le rappelle encore notre consultant.

"Flick a voulu rester maître des horloges, ce qu'on peut se permettre lorsqu'on a tout gagné. S'il n'a pas la Mannschaft, il aura une autre sélection ou un grand club." La tendance, des divers bords, est tout de même lourde. Côté national, Flick est ami avec Oliver Bierhoff et Andreas Köpke, respectivement manager et entraîneur des gardiens de l'équipe d'Allemagne, qu'il a largement contribué à mener vers le titre mondial en tant qu'adjoint de Joachim Löw (qui le porte donc également en très haute estime). Tous les joueurs l'adorent et Miroslav Klose aussi, ce dernier veut le suivre et ne surtout plus côtoyer Salihamidzic, lui non plus... Enfin, côté Bayern, s'il faudra régler un jour ou l'autre le cas épineux du dirigeant bosnien, un nom se dégage de plus en plus tel une fumée blanche : celui de Julian Nagelsmann.

 

 


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