NBA [J-15] Le Jazz enfin dans la danse des Playoffs ?

Reuters

Contexte et attentes

Cette fois, cela pourrait être la bonne ! Bouté hors des Playoffs lors de la dernière nuit l’an passé avec 40 victoires pour 42 défaites au compteur, le Jazz a une revanche à prendre et une ambition à assouvir : retrouver une place parmi les huit meilleures équipes de la Conférence Ouest, chose qu’il n’a plus connu depuis 2012. Jugée trop tendre par ses dirigeants, l’équipe a connu quelques bouleversements à l’intersaison pour apporter un soupçon d’expérience à l’ensemble du groupe.

Joe Johnson, George Hill et Boris Diaw ont donc atterri à Salt Lake City pour amener leur vécu et faire passer un cap au roster de Quin Snyder, prolongé cet été par sa direction. Trois joueurs qui devraient radicalement modifier le visage de la franchise : « l’expérience, la dureté physique, l’adresse, un meilleur jeu de passe, plus de profondeur sur l’extérieur et l’aile, un peu plus d’expérience sur les rotations à l’intérieur aussi » énumère le manager général Dennis Lindsay à propos des qualités des trois hommes.

En plus de ces renforts, Utah va bénéficier du retour du meneur australien Dante Exum, enfin remis d’une déchirure du ligament qui lui a fait louper l’ensemble du dernier exercice. A 21 ans, il va retrouver les terrains dans un rôle de backup de George Hill. Forcément une bonne nouvelle dans l’optique de jouer les poils à gratter à l’Ouest, où la profondeur de banc sera un élément déterminant face à la concurrence. Et justement, sur cet aspect, le Jazz a comblé un énorme déficit cet été puisque tous les postes, hormis celui de pivot, sont doublés avec des joueurs de rotation de qualité.

Avec un Gordon Hayward aux portes du All-Star Game (mais qui manquera le début de saison après une blessure à l’annulaire) et un duo Rudy Gobert/Derrick Favors de plus en plus consistant dans la peinture, l’effectif semble arrivé à maturation. 5ème défense de la ligue l’an dernier, Utah a ajouté plusieurs cordes à son arc pour devenir une formation plus menaçante de l’autre côté du parquet, le point faible de l’équipe (17ème aux points marqués, 18ème au pourcentage de réussite).

Une amélioration était donc souhaitable et le recrutement va dans ce sens, surtout que Rodney Hood Gordon Hayward et Alec Burks, s’ils sont déchargés de la création du jeu par George Hill, vont pouvoir se concentrer sur le scoring. Et Joe Johnson, en sortie de banc, pourrait être une belle arme en fin de match grâce à sa clutch attitude. Sur le papier, il est certain que Utah a fait les bons choix pour se renforcer. Attendons de voir désormais si cela se concrétise sur le parquet.

L’interrogation : Quid de l’attaque ?

On l’a évoqué plus haut, Utah a connu les pires difficultés du monde à alimenter la marque l’an passé. Le système de Quin Snyder est avant tout basé sur un rideau de fer défensif, intraitable de la ligne des 3-pts jusqu’à la raquette gardée par notre Rudy Gobert national. Reste désormais à développer une meilleure symbiose offensive, tout en conservant la même rigueur défensive.

Avec George Hill, la franchise a recruté un petit général des terrains, dont la présence va grandement soulager le rôle de créateur de Gordon Hayward. Pour Boris Diaw, sa présence à l’intérieur en facilitateur de jeu pourra permettre à l’équipe de diversifier son basket et amener plus de menaces dans la peinture. Enfin Joe Johnson est un des rares membres de l’effectif à disposer d’un arsenal offensif aussi complet et même si l’ancien arrière des Hawks n’a plus ses jambes de 20 ans, son expérience peut largement sortir le Jazz de situations compliquées en fin de rencontres. Suffisant pour franchir un palier offensif ?

Le joueur à suivre : Rudy Gobert

Pas encore prolongé par Utah, le pivot tricolore pourrait attendre l’été prochain pour se voir offrir un nouveau contrat chez les Mormons. Une pression supplémentaire pour celui qui sera free agent protégé dans un an. « Tout le monde sait que je veux rester ici » précise néanmoins Gobert.

Comme son équipe, le Français veut absolument participer aux Playoffs en avril prochain. Un objectif qui passera forcément par une grande saison de Gobert sous le cercle, où sa capacité de dissuasion est l’un des moteurs de l’équipe défensivement. Son entente sur pick and roll avec Hill va aussi être à suivre de près puisque Gobert pourrait avoir trouvé en l’ex-meneur d’Indiana un très bon allié pour plus peser offensivement. Derniers objectifs pour lui : une sélection dans l’une des deux NBA All-Defensive Team et pourquoi pas une belle place au classement du titre de Defensive Player of the Year.

Le cinq de départ

Le roster

Meneurs : George Hill – Dante Exum – Shelvin Mack – Raul Neto

Arrières : Rodney Hood – Alec Burks – Joe Ingles

Ailiers : Gordon Hayward – Joe Johnson - Chris Johnson – Quincy Ford

Ailiers forts : Derrick Favors – Boris Diaw – Trey Liles – Joel Bolomboy – Eric Dawson

Pivots : Rudy Gobert – Jeff Withey – Henry Sims

Notre verdict : 8ème de la Conférence Ouest

Utah est clairement sur la pente ascendante et ne sera pas bon à jouer ces prochains mois. La franchise a su se renforcer intelligemment et se construire un banc qui a fier allure, aussi bien en qualité qu’en quantité. Si les blessures se tiennent à l’écart, on devrait revoir le Jazz en Playoffs dans quelques mois.