NBA : Fini la médiocrité pour les 76ers ?

Reuters

Contexte et attentes

Avant-derniers à l’Est en 2015 avec 18 victoires, la même position un an plus tôt avec seulement un succès de plus… A deux semaines du coup d’envoi de la saison régulière, difficile d’imaginer les Sixers remonter la pente dès à présent. L’effectif reste parmi les plus faibles de la NBA et le groupe de Brett Brown manque cruellement d’expérience. Et si ce n’était pas suffisant, Joël Embiid, troisième choix de la draft 2014, s’apprête encore à passer les prochains mois sur le banc de touche après une rechute de sa blessure au pied. Bref, l’année risque d’osciller entre le très moyen et le totalement passable sur le parquet du Wells Fargo Center. Malgré tout, il existe des raisons de s’enthousiasmer pour les patients fans de Phila. Surtout une à vrai dire avec la raquette composée de Neerlens Noel et de Jahlil Okafor, terriblement alléchante et complémentaire. Sur le papier du moins.

Sous le cercle, les deux hommes devraient se partager équitablement les responsabilités. A Noel la défense, pour Okafor l’attaque. On grossit volontairement le trait… et encore. Après une année à l’infirmerie, Noel a vécu une saison rookie enrichissante. Avec 9.9 pts, 8.8 rbs de moyenne et presque 2 contres par match, le tout en moins de 32 minutes de jeu, l’intérieur de 21 ans a démontré qu’il avait les épaules pour être la clé de voûte défensive de sa formation. Son association avec Okafor a en tout de quoi faire saliver, à l’heure où le small ball a pris le pouvoir dans le basket moderne. Sportivement, il sera quoiqu’il arrive compliqué d’espérer mieux qu’une position en fond de classement pour les 76ers. Et donc l’obtention d’un énième top pick à la prochaine draft.

Le joueur à suivre

Le front office de Philly rêvait cet été du sacro-saint first pick mais la lottery ne leur a offert que le troisième choix. Qu’à cela ne tienne, les dirigeants ont misé sur Jahlil Okafor pour retrouver le chemin du succès et le goût du champagne. A 19 ans, l’ex-pivot de Duke suscite beaucoup d’espoirs après son titre de champion en NCAA. Surdoué offensif, ses moves poste bas ont toutes les chances de mettre à mal les défenses adverses, même s’il devra s’habituer au rythme et à l’intensité des rencontres NBA. Moins explosif que Noel, il a pour lui un arsenal d’attaque impressionnant mais devra travailler sur son adresse aux lancers francs (51% en NCAA) et son tir dans le petit périmètre pour s’affirmer comme le véritable go tu guy des 76ers dans les années à venir.

Le cinq de départ

Si tout a été dit sur le duo à l’intérieur, le reste du cinq de Philly est moins excitant. A la mène, Tony Wroten va retrouver l’odeur des terrains après n’avoir disputé que 30 matchs l’an passé. Arrière explosif et agressif vers le cercle, il devra avant tout rester en bonne état et enchaîner les rencontres, pour ensuite retrouver l’impact offensif qui fut le sien (16.9 pts, 5.2 pds). A ses côtés, Hollis Thompson et Nik Stauskas se partageront le poste de deuxième arrière. Plus shooteur que son coéquipier, Stauskas (21 ans) débarque de Sacramento pour apporter son adresse à 3-pts à une équipe qui en a cruellement manqué la saison dernière (avant-dernière dans l’exercice).

A l’aile, Robert Covington (24 ans), l’une des rares satisfactions de l’équipe en 2015, doit continuer à amener sa régularité en attaque (13.5 pts) et son adresse longue distance (37.4 %). Quant au banc, il est sans doute le plus faible de la ligue avec des joueurs soient en bout de course (Carl Landry) ou sans grand avenir (Kendall Marshall, Jerami Grant et Isaiah Canaan).

Notre verdict : 15ème de la Conférence Est

Encore trop juste pour s’extirper des bas-fonds du classement, Philadelphie a la possibilité d’engranger quelques victoires et patienter ainsi un peu avant de voir ses jeunes pousses arriver à maturité. Sur le moyen terme, la doublette Noel/Okafor laisse envisager des jours meilleurs pour « la ville de l’amour fraternel ».