Thiem, la bête noire de Federer

Reuters

L’an dernier ici-même au Masters, à Londres, Dominic Thiem n’avait pas existé face à Roger Federer dans une poule dont il n’avait pu sortir (6-2, 6-3). Et pourtant, à l’époque déjà, l’Autrichien menait au bilan de leurs confrontations directes (2-1). Depuis, celui qui pointe au cinquième rang mondial a fait du chemin, pris du volume, et surtout de l’assurance face à l’un des épouvantails du circuit. C’est bien simple, ses trois matches contre "Rodgeur" cette année, Thiem les a gagnés !

Sur dur en finale du Masters 1000 d’Indian Wells, puis sur la terre de Madrid, en quart et dans cette même classe de tournoi, le Viennois a fait sa loi. Pas illogique, finalement, qu’il soit parvenu à en faire de même ce jour dans la bulle londonienne, là où Novak Djokovic, quelques heures plus tôt, avait ouvert tambour battant ce Masters aux dépens du rookie italien Matteo Berrettini (6-2, 6-1). Dans ce duel, cependant, il y a bien eu match. Deux sets durant seulement, certes, mais deux sets consistants.

Breaké d’entrée de match, Federer a rapidement prêté le flanc à la domination d’un adversaire particulièrement bien en jambes et entreprenant dans l’échange. Malgré un service très perfectible, ce dernier s’est surtout révélé costaud mentalement dans les points clefs, quand le Bâlois n’a guère converti qu’une balle de break sur quatre dans cette rencontre. Lesté du reste par 22 fautes directes – tout comme son vis-à-vis – Roger Federer n’a jamais trouvé le tempo idéal pour déborder un Dominic Thiem finalement victorieux en 1h40 (7-5, 7-5). Et voilà le n°3 mondial déjà dos au mur, contraint sans doute de battre Novak Djokovic dans les jours à venir pour prétendre au dernier carré des maîtres.