Quand Wimbledon a libéré Federer

Reuters

Il en avait pleuré à chaudes larmes. Vainqueur de son premier tournoi du Grand Chelem à Wimbledon en 2003, alors qu’il n’avait que 21 ans, Roger Federer, avait réalisé un "rêve absolu en battant Mark Philippoussis en finale au All England Club. "Gamin, j'ai toujours blagué sur le fait que j'allais gagner ici et je l'ai fait. C'est incroyable, je ne sais pas comment j'ai fait", avouait-il en contemplant ce trophée "si joli".

Premier suisse à remporter un Majeur, il expliqua ensuite au Temps à quel point ce triomphe londonien l’avait "enfin libéré" : "Depuis ma tendre enfance, les attentes des gens dépassent mes propres espérances. Cette victoire à Wimbledon a quasiment agi comme une délivrance. Depuis, je suis apaisé, relâché. A bien des égards, ce jour a bouleversé ma vie."

La suite allait lui donner raison, puisque le recordman des victoires en Grand Chelem (20) détient aussi celui des titres (8) et des finales (12) dans son jardin de Wimbledon. Où il a connu quelques uns de ses plus beaux succès. Mais aussi de grandes désillusions, comme cette incroyable finale de 2008 contre Rafael Nadal, qu’il avait dominé au même stade lors des trois années précédentes.

Battu, dans la pénombre, après plus de 4 heures de jeu (6-4, 6-4, 6-7, 6-7, 9-7), il avait eu du mal à digérer ce revers et considérait, quelques mois plus tard, que "ce jour-là, c’était une victoire de Rafa, mais pas une défaite pour moi, lâchait-il ainsi au Figaro. Il faisait tellement sombre que je ne voyais plus rien. C'était l'un de ces matchs où l'on se dit qu'il aurait dû s'arrêter à égalité. Mais cela n'existe pas."

Lauréat pour la huitième fois en 2017, grâce à un succès contre Marin Cilic, il y a perdu sa troisième finale contre Novak Djokovic l’été dernier mais revenait revanchard pour cette édition 2020. Forfait pour Roland Garros après une arthroscopie au genou droit le mois dernier, il devait effectuer son retour pour la saison sur gazon.

Mais le Grand Chelem britannique a dû être annulé en raison de la pandémie de coronavirus. La nouvelle a "dévasté" le numéro 4 mondial, qui rêve d’un neuvième sacre à Wimbledon l’an prochain, quelques semaines avant son 40eme anniversaire. L’histoire serait belle…