Dopage : Une relation toxique à l'origine du contrôle positif d'Ophélie Claude-Boxberger

C’est une des affaires qui a secoué l’athlétisme français cet automne. Mais, en fin de compte, le contrôle positif à l’EPO d’Ophélie Claude-Boxberger tient plus de l’affaire familiale que du cas de dopage intentionnel. Au cours de sa garde à vue, le compagnon de la mère de l’athlète Alain Flaccus a avoué avoir injecté ce produit à la nonuple championne de France à l’occasion d’un massage. Une affaire qui intervient alors que la relation entre eux était tendue en raison d’attouchements alors que la native de Montbéliard n’avait que 13 ans et qu’une plainte a été déposée à ce sujet avant d’être retirée. « Ma maman était en couple avec lui, elle était au courant des faits et aurait pu être considérée comme complice, a déclaré Ophélie Claude-Boxberger dans un entretien au quotidien Le Parisien pour expliquer cette décision. J’ai voulu la protéger, je ne voulais pas que la famille s’écroule. » Mais le comportement d’Alain Flaccus la marque encore aujourd’hui. « C’est faux de penser que je suis passée outre, assure-t-elle. Je reste très marquée, je suis toujours suivie par un psychiatre et un psychologue, je prends des anxiolytiques. J’avais envie de croire qu’il avait changé. »

Claude-Boxberger : « Inconcevable d’imaginer qu’il venait de me faire une injection »


Cette relation entre Alain Flaccus et Ophélie Claude-Boxberger a tourné quand ce dernier a injecté de l’EPO à l’athlète. Des doutes que l’athlète a eu immédiatement après ce massage et dont elle s’est ouverte aux gendarmes pendant sa garde à vue. « Dès ma première audition, le 5 novembre, j’ai déclaré qu’à l’issue d’un massage j’avais ressenti une douleur, a confié la sociétaire du club de Montbéliard. J’ai dit de manière virulente à Alain Flaccus qu’il m’avait fait mal. Il m’a répondu qu’il m’avait griffée. C’était inconcevable d’imaginer alors qu’il venait de me faire une injection. » Ce sont ces doutes qui, en fin de compte, ont poussé Alain Flaccus à avouer la manipulation au détriment de l’athlète après l’avoir entendue à l’occasion de cette garde à vue. « Le 27, on me repose plein de questions. Je ne sais pas qu’Alain Flaccus est dans une autre pièce, assure Ophélie Claude-Boxberger. J’ai appris par la suite qu’il a d’abord nié, avant d’être confronté à des témoins et de passer aux aveux. »

Claude-Boxberger : « Il se rend compte qu’il a détruit ma vie, ma carrière, mon image ? »


Pour justifier le comportement de celui qui partage la vie de sa mère, l’athlète ne trouve aucun autre motif que la jalousie à la suite de l’officialisation de la relation entre le médecin Jean-Michel Serra et elle. « En mars, il a appris ma relation avec Jean-Michel Serra, il était, semble-t-il, jaloux, ajoute Ophélie Claude-Boxberger. Dans les locaux de la gendarmerie, pendant la confrontation, il a craqué en expliquant qu’il avait des sentiments pour moi, que l’objectif était d’atteindre Jean-Michel Serra. En tant que médecin de l’équipe de France, il serait le premier soupçonné. Il se rend compte qu’il a détruit ma vie, ma carrière, mon image ? Pour les gens, le doute sera toujours là. » Une affaire qui, elle le craint, va distendre un peu plus les liens familiaux autour d’Ophélie Claude-Boxberger. « La relation était déjà abîmée, car je n’ai jamais compris qu’elle puisse rester en couple avec lui, sachant ce qu’il m’avait fait en 2002, assure l’athlète. Pour essayer de renouer des liens avec elle, j’ai renoué avec Alain Flaccus. Forcément, avec ce qui se passe actuellement, c’est vraiment compliqué. » Une affaire qui va marquer l’athlète au-delà de l’aspect sportif.