Réforme de la Ligue des champions: beaucoup de contre, peu de pour

Reuters

Le projet de réforme de la Ligue des champions suscite une vive opposition de nombreux clubs et ligues qui s'inquiètent de voir la compétition reine des clubs devenir une "ligue quasi fermée" et d'en être exclus.

Quelques grands clubs qui espèrent en tirer d'importants revenus supplémentaires soutiennent ouvertement le projet tandis que certains autres restent indécis.

Les opposants                  

. Lille: "Le foot présenté dans cette Ligue fermée, c'est un faux foot, c'est de la téléréalité entre des clubs participants qui jouent juste entre eux (...) C'est mauvais pour le foot", estime le président du Losc, Gérard Lopez qui assure faire "tout pour que ça n'arrive pas".

. Saint-Etienne: "Quand vous fermez à 90% la compétition suprême, vous tuez le rêve pour une équipe moyenne d'y accéder", juge Bernard Caïazzo, président de l'ASSE, qui refuse le schéma initial: "Une C1 à 32 clubs, avec les 4 demi finalistes de la dernière édition directement qualifiés et les finalistes de l'Europa League, on peut toujours en discuter. Mais on ne peut pas partir sur la base de travail présentée."

. La Premier League anglaise: l'Angleterre, où le championnat est roi - et surtout très lucratif - est massivement opposé à la réforme. "Sans le soutien des clubs anglais, la réforme ne peut pas passer", juge un familier des instances européennes.

. Liga espagnole: "C'est très grave", juge Javier Tebas, son président. "Une ligue semi-fermée, plus de matchs, cela met en danger nos revenus audiovisuels (...) Ils risquent d'appauvrir énormément la Liga espagnole", qui, selon une étude, perdrait 550 M EUR.

. De nombreux clubs européens ainsi que des ligues nationales sont contre, dont 15 clubs italiens, des clubs suisses (Young Boys de Berne, FC Bâle), allemands (Schalke 04) mais aussi la Ligue allemande (DFL) pour laquelle "le concept de l'ECA actuellement en discussion aurait des conséquences inacceptables pour les ligues nationales en Europe".

. L'association des Ligues européennes (European Leagues) est vent debout contre le projet de réforme et a présenté vendredi lors de la convention Soccerex au Portugal ses propositions. Une position sur laquelle la Ligue portugaise "est alignée", explique son président Pedro Proença.

Les partisans                   

. La Juventus Turin: le club présidé par Andrea Agnelli, également président de l'Association européenne des clubs (ECA), qui défend le projet, est le seul club italien à soutenir ouvertement la réforme.

. L'UEFA s'est appuyée sur l'ECA, héritière du G14, dominée par les grands clubs, pour tenter de faire avancer la réforme.

. France: le PSG, en avril, par la voix de Victoriano Melero, son secrétaire général, estimait que "sur le principe, c'est un projet intéressant pour le PSG car créateur de richesses pour l'ensemble du football".

L'OM qui rêve d'être invité à la fête, tout comme Lyon, y sont favorables. "Je pense d'abord qu'il faut se demander si c'est le sens de l'histoire d'aller vers une ligue fermée ou quasiment fermée. Je pense que oui, qu'on le veuille ou non, c'est l'évolution du football", estimait en mai son président Jacques-Henri Eyraud. "Sur les principes, plein de choses me vont bien", ajoutait son homologue lyonnais Jean-Michel Aulas.

. Plusieurs grand clubs européens y sont favorables, comme le FC Barcelone ou l'Ajax Amsterdam et d'autres moins prestigieux mais dominateurs dans leur pays (Legia Varsovie, HJK Helsinki...). Le Real Madrid, club ayant le plus de revenus au monde, serait également favorable au projet selon la presse, même si son entraîneur Zinédine Zidane s'est dit réservé, défendant l'accès des plus petits clubs à la compétition reine.

Les indécis et les résignés                 

. Italie: lors d'une réunion de la Ligue italienne début juin, l'AS Rome, l'Inter Milan et l'AC Milan se sont abstenus lors du vote d'un texte s'opposant à la réforme.

. Allemagne: Les dirigeants du Bayern Munich et du Borussia Dortmund, les deux plus grands clubs allemands, se sont certes déclarés défavorables à la réforme, mais ont laissé entendre qu'ils n'avaient "pas les moyens de s'y opposer".