C1: le Real Madrid à Istanbul avec la peur au ventre

Reuters

 

L'épouvantail épouvanté: le Real Madrid de Zinédine Zidane doit gagner le match de la peur contre Galatasaray mardi à Istanbul, histoire d'éloigner le spectre d'une élimination dès la phase de poules de la Ligue des champions, ce qui serait une triste première.
 
En 23 participations au premier tour de la C1 moderne (depuis 1992), la "Maison blanche" s'est qualifiée 23 fois pour la phase à élimination directe, un record.
 
L'ogre aux treize sacres européens peut-il connaître l'humiliation d'une sortie inédite ? Plus rien n'est exclu après le pire démarrage madrilène en phase de poules: une lourde défaite 3-0 à Paris puis un nul poussif 2-2 contre le Club Bruges ont compliqué ses chances dans le groupe A.
 
Avec un point en deux journées, l'équipe merengue est dernière de la poule derrière le PSG (6 pts), Bruges (2 pts) et Galatasaray (1 pt). Et la double confrontation contre le club turc, mardi à Istanbul puis le 6 novembre à Madrid, s'annonce à quitte ou double.
 
"On sait ce qui est en jeu. On doit jouer ce match pour le gagner, il n'y a pas d'autre issue", a reconnu Zidane ce week-end.
                  
"Un peu d'anxiété"
                  
Son équipe ne semble toutefois pas au mieux après une défaite inquiétante contre le promu Majorque samedi en Liga (1-0).
 
Ce revers surprise a renvoyé le Real à ses démons de la saison passée, achevée par une élimination dès les huitièmes de finale contre l'Ajax Amsterdam (2-1, 1-4): problèmes de concentration, ratés défensifs et maladresse offensive, tous les symptômes d'une équipe qui doute.
 
"Je me demande si nous n'avons pas eu un peu d'anxiété", a reconnu Zidane samedi.
 
Revenu aux commandes en mars auréolé de ses trois C1 conquises lors de son premier mandat (2016-2018), l'entraîneur français sait qu'une nouvelle contre-performance mardi amenuiserait les chances de qualification de son équipe. Et qu'une élimination précoce serait un accident industriel retentissant pour le club ayant le plus de revenus au monde selon le cabinet Deloitte (822,1 millions d'euros de chiffre d'affaires prévisionnel cette saison).
 
"Ce Real-là court un vrai risque de finir en Ligue Europa", a taclé le quotidien sportif madrilène Marca, allusion à la troisième place de groupe qui vaut d'être reversé vers la "petite" coupe d'Europe.
                  
La foi contre la trouille
                  
A Majorque, la rotation d'effectif qui avait si bien réussi à "ZZ" lors de son premier mandat n'a cette fois pas fonctionné: les recrues de l'intersaison, dans un marché estival où le Real a investi plus de 300 M EUR, peinent encore à s'imposer, à l'image de l'attaquant serbe Luka Jovic.
 
Pour ne rien arranger, le Real a laissé échapper aux Baléares son invincibilité en Liga et sa première place du classement, désormais occupée par le FC Barcelone. Le seul soulagement est le report du clasico face aux Barcelonais, initialement prévu samedi prochain mais ajourné en raison des violences survenues en Catalogne...
 
Dans la ferveur stambouliote, difficile de savoir quel visage le Real montrera mardi, même si plusieurs cadres laissés au repos ce week-end, comme Raphaël Varane ou Eden Hazard, devraient renforcer le onze de départ. Toni Kroos est incertain. Quant à Luka Modric et Gareth Bale, blessés, ils ne seront pas du voyage...
 
Alors le grand Real s'en remet à l'aura de Zidane, au caractère de Sergio Ramos, à la forme de Karim Benzema, indiscutable leader d'attaque et quatrième meilleur buteur de l'histoire de la Ligue des champions (60 buts). 
 
Les supporteurs veulent aussi croire à la relation mystique entre la "Maison blanche" et sa compétition fétiche, qu'elle a remportée plus que quiconque... La foi contre la trouille, l'expérience madrilène contre la passion turque, la fin des déboires ou le début de la fin.