Tour de France: un final de feu sacre van Aert et condamne Pinot

AFP

Le bilan est très lourd. 100 secondes exactement, un passif très élevé dans une étape de plaine promise aux sprinteurs que l'équipe Ineos du Gallois Geraint Thomas a utilisée au mieux, à la veille de la journée de repos.

Le désarroi de Pinot, au bord des larmes à l'arrivée, en témoigne. "Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? C'est une journée de merde", a dit le Français aux journalistes.

Comme lui, d'autres candidats au podium ont perdu gros. Le Danois Jakob Fuglsang, le Colombien Rigoberto Uran et l'Australien Richie Porte ont franchi la ligne avec le Français. 

D'autres coureurs bien placés à la fin de la première semaine ont perdu sensiblement plus. Le Néo-Zélandais George Bennett, qui occupait la 4e place au départ de Saint-Flour, a lâché prise (près de 10 minutes!). L'Espagnol Mikel Landa a cédé pour sa part plus de deux minutes. 
                  
- Le coup de maître de Thomas -  

En revanche, la formation de Thomas a réussi un coup de maître. Thomas a grimpé à la 2e place, à 1 min 12 sec d'Alaphilippe, et Bernal à la 3e, à 1 min 16 sec. 

Derrière l'échappée matinale (Gallopin, Berhane, Turgis, Würtz, Eiking, Schär), une première alerte avait secoué le peloton à 64 kilomètres d'Albi, à l'initiative déjà de l'équipe Ineos. 

Mais tout était rentré dans l'ordre avant qu'une cassure se produise à 38 kilomètres de l'arrivée, sous l'impulsion des Deceuninck d'Alaphilippe, avec l'aide du vent. Le maillot jaune lui-même a mis un temps la main à la pâte avant que les hommes de Thomas (Rowe, Moscon, van Baarle) décident de foncer. 

"On avait le double objectif de protéger le maillot et Elia Viviani dans le final", a expliqué Alaphilippe. "On savait qu'il y avait des risques de bordure avec le vent de côté, et donc beaucoup de stress dans le peloton. Tout le monde sait quand il y a vent de côté, tout le monde veut être devant au même moment. Mais les routes font 3 mètres de large et 100 coureurs devant, ce n'est pas possible".

Au prix d'un effort total de leurs équipiers, le groupe de Pinot, Fuglsang et Uran s'est rapproché à une douzaine de secondes à l'entrée des 20 derniers kilomètres. Mais il n'a pu faire la jonction et l'écart a logiquement grandi, en raison du travail de l'équipe Ineos relayée pour finir par les équipiers des sprinteurs.

"Je n'ai pas vraiment pensé au classement général, j'étais content d'être devant", a ajouté le porteur du maillot jaune, qui boucle la première moitié du Tour en tête. Mais l'essentiel du programme montagneux est encore à venir.

Pour le gain de l'étape, au terme des 217,5 kilomètres, van Aert a devancé d'extrême justesse l'Italien Elia Viviani. Le jeune Belge (24 ans), triple champion du monde de cyclo-cross par le passé, a réussi ainsi ses grands débuts dans le Tour, dans la continuité de ses deux succès d'étape au Dauphiné.

Van Aert a apporté un quatrième succès à l'équipe Jumbo, déjà satisfaite par la réussite de ses deux autres sprinteurs (Teunissen,

roenewegen) et la victoire dans le contre-la-montre par équipes. "C'est la plus grande victoire de ma carrière", a souri le Belge, promis à une grande carrière.